Éleveur de vaches, un métier de plus en plus difficile

Mathieu Estadieu, éleveur de vaches de race Gasconne des Pyrénées, au sud de Toulouse, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 4 octobre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Des éleveurs de plus en plus montrés du doigt...

Les difficultés du métier d’éleveur sont sous le feu des projecteurs, alors que se termine le Sommet de l’Élevage en Auvergne. Mathieu Estadieu s'y trouve pour promouvoir la race au Sommet de l’élevage d’Auvergne.

 

Des contraintes à géométrie variable

Emmanuel Macron doit passer ce vendredi au Sommet de l’élevage d’Auvergne. De plus en plus d’éleveurs racontent des situations difficiles, entre coût et stigmatisation. "Déjà, la situation est difficile en termes de météo, rappelle l'éleveur de vaches de race Gasconne des Pyrénées. Ensuite, on est mal vu, considéré comme des pollueurs et des tueurs d’animaux. Et ce, alors que l’agriculture, c‘est le maintien de l’espace rural et montagnard, que c’est nécessaire".

Les éleveurs sont-ils plus pointés du doigt qu’auparavant ? "Complètement, estime l'éleveur. Les vegans mettent la pression sur nous au sujet de l’abattage des animaux. Nous avons les contraintes sur les pesticides ; on nous demande d’être plus blanc que blanc, quand on fait rentrer des fruits et légumes venus de l’étranger". Comprend-il pour autant ces revendications ? "Je suis d’accord avec eux, il ne faut pas faire n’importe quoi. Mais il faut arrêter de stigmatiser, de dire que les agriculteurs polluent. Derrière, pour citer un exemple, on dit "prendre le train, c’est écologique". Mais pour entretenir les voies ferrées, on distribue des pesticides. Ce n’est pas logique".

Mener une bête à l'abattoir, un déchirement

Se considère-t-il comme écolo en tant qu'éleveur ? "Je pense que tout éleveur a un fond écologique. Il entretient un espace rural, il est là pour pérenniser les milieux ouverts. Voyez les champs bien entretenus à la campagne. Pour moi, l’écologie commence là". Est-il temps de sortir de l’élevage intensif ? "On peut faire différemment. Mais il faut nourrir 6 à 7 milliards d’habitants sur la Terre. Tout le monde n’a pas la technicité de l’agriculture française. Nous étions la première à pouvoir exporter il y a vingt ans ; là, nous sommes la septième. On produit moins, mais mieux, mais on ne pourra jamais se passer de l’intensif".

Aime-t-il ses bêtes ? "J’élève des vaches gasconnes, rappelle Mathieu Estadieu. Chez moi, elles ont toutes un prénom. Vous n’êtes pas obligé car elles ont une étiquette avec un numéro à dix chiffres. Je les élève, je les fais naître, mais le but final reste le même. On ne pourrait pas les garder en permanence, il faut faire un choix. Ce n’est pas facile de mener à l'abattoir une bête que vous avez fait naître et grandir. C’est aussi un déchirement, ce n’est pas facile à vivre, mais on est habitué depuis toujours à faire comme cela".

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