Égalité des chances? "Plus t'as d'argent, plus t'as de chance de réussir"

Emmanuel Macron veut promouvoir l’égalité des chances. Le président de la République se rend à Clermont-Ferrand, pour aller à la rencontre des élèves d'un lycée professionnel et d'un centre de promotion de l'industrie. La semaine dernière au Panthéon, le chef de l'État a déclaré que "l'égalité des chances" n'est "pas encore effective aujourd'hui dans notre République" et que c’est l’une priorité de ce quinquennat. A l’école, le confinement a accentué les inégalités: les lycéens en particulier ont l’impression de ne pas avoir les mêmes chances de réussir.

(FREDERICK FLORIN / AFP)
Reportage Sud Radio Clément Bargain

 

La rentrée est difficile pour Malik. Sans matériel informatique, il a eu du mal à suivre les cours pendant le confinement. "Par exemple, à la maison ils ont tous un ordinateur, mais moi j'en n'ai pas.  Ma sœur, ma mère, mon père en ont besoin pour travailler, donc ça veut dire que je travaillais pas !". Les inégalités se sont creusées. Une semaine après la rentrée scolaire, les difficultés se font déjà sentir, pour Isaline, élève en terminale, il y a un manque d’accompagnement: "Une fois que t'es au lycée, ils partent du principe que t'es grand et autonome et que tu sais te débrouiller", explique t-elle.

 

"Le seul accompagnement, c'est les prépas hyper chères. Plus t'as d'argent, plus t'as de chance de réussir en quelque-sorte. Si tu peux te payer une prépa pour t'aider dans tes études, bien-sûr que tu auras plus de chance que quelqu'un qui n'a pas les moyens !"

Des lycéens qui se sentent parfois isolés, notamment en ce qui concerne l’orientation. Pour Elise et Harris, tous les deux en terminale, il faut faire plus pour que les jeunes aient accès aux études supérieures: "On n'est pas très renseignés là dessus. Certains ont besoin d'une certaine assistance sur les différentes écoles, ce qu'il y a, ce qu'on peut faire...". Offrir aux élèves les mêmes chances de réussir: cela doit être l’une des priorités du gouvernement pour Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du syndicat des chefs d'établissement.

"Il faut avancer sur la question des dispositifs d'accompagnement de ces élèves là, du plus fragile au plus à l'aise, pour l'aider à accéder aux grandes écoles ! Pour le moment, c'est pas d'une efficacité redoutable, il faut le dire !" - Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du syndicat des chefs d'établissement

En France, 40 % des enfants de cadres atteignent le niveau bac + 5, contre seulement 9 % d’enfants d’ouvriers.

 

Dossiers anonymes dans Parcoursup?

"Il y a des formations post-bac avec des paramétrages défavorables à certains établissements d'origine. Si on veut traiter tous les élèves de la même façon, toutes ces informations doivent disparaître, au bénéfice uniquement des résultats et des appréciations d'un élève, quelque-soit l"origine de son quartier ou de son établissement ou de son nom de famille" - Pour Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du syndicat des chefs d'établissement, il faut rendre anonymes les lycées dans les dossiers des candidats sur la plateforme Parcoursup