École de la deuxième chance - "Avant, je fumais, je me battais, ils ont su me canaliser"

En raison du confinement et des cours par visioconférence, les étudiants sont nombreux à "décrocher". 4 à 5 % d'entre eux auraient déjà quitté le cursus classique durant cette crise sanitaire. Les 133 écoles de la deuxième chance sont là pour les aider à se résinsérer, comme c'est le cas dans l'établissement Saint-Louis à Marseille.

En mathématiques et en science, les élèves français seraient les cancres de l’Union Européenne. ( Coyot / Pixabay)

Un reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio.

Parmi les victimes indirectes du Covid : les décrocheurs scolaires, ces 4 à 5 % d’élèves qui sortent du système en raison notamment des cours en distantiel, pour ne pas dire cloîtrés derrière un écran. C’est à eux que s’adressent les 133 écoles de la deuxième chance. Des établissements qui remettent le pied à l’étrier à ces élèves en perdition. En quelques mois, ils peuvent trouver une formation ou même décrocher un travail.

À la veille de la journée mondiale de l’égalité des chances, Lionel Maillet a poussé les portes de l’école de la deuxiéme chance à Marseille.

Grâce à une remise à niveau et des stages, une majorité arrive à se réinsérer. Quand il est arrivé ici, Fayad n’avait plus mis les pieds dans une salle de classe depuis un an. Le permis de conduire en poche mais toujours pas le bac, c’est sa conseillère Pôle emploi qui lui a conseillé de venir à l’école de la deuxième chance.

"Je rattrape un peu tout ce que j'ai perdu : le français, l'anglais, les maths. Maintenant, mon objectif est de trouver une formation en alternance dans le commerce."

Pendant en moyenne six mois, les élèves alternent remise à niveau et stage en entreprises. À la fin du parcours, 63 % de ces  jeunes repartent avec un travail ou intègrent une formation. Sonia Ciccionne est la directrice de l’école de la deuxième chance sur le site de Saint-Louis à Marseille.

On est notamment assez présents au niveau des métiers accessibles au premier niveau de qualification. La restauration fonctionne très bien - moins en cette période de Covid, mais sinon ça marche très bien -, tous les métiers de service à la personne, vente, commerce distribution, BTP...

C’est dans une pâtisserie que Chahinez a trouvé son bonheur. Un CDD de 3 mois pour cette jeune femme qui revient de loin.

"Je fumais, je me battais tout le temps et ils ont su me canaliser, me redonner confiance en moi. Du coup, j'arrive beaucoup mieux à travailler et à m'exprimer."

Pour information, ces écoles sont gratuites et ouvertes toute l’année aux jeunes de 16 à 25 ans qui n’ont pas de diplôme.