Durcissement à Pôle emploi: "ceux qui prennent ces décisions ne sont pas au chômage, ils touchent 3 à 4000 euros par mois !"

Une révolution dans le monde de l’assurance chômage. De nouvelles règles d’indemnisation entrent en vigueur ce vendredi 1er novembre. Durcissement des conditions d’accès, ouverture des droits aux démissionnaires, recharge des droits plus difficile. Le gouvernement serre la vis et dans les pôles emplois on s’attend à voir arriver des bénéficiaires déboussolés. Des chômeurs pestent contre ces nouvelles règles.

(JOEL SAGET / AFP)

Reportage Sud Radio de Lionel Maillet à Marseille

 

Quand il ne fait pas des missions d’intérim comme manutentionnaire, Charles peut rester de longues périodes au chômage. Pour recharger ses droits, il lui faudra désormais travailler six mois pendant sa période d’indemnisation. Un mois suffisait jusqu’à présent. "J'ai envie de leur dire: qu'ils viennent vivre avec une allocation chômage et on en parlera. Qu'on soit clairs, ceux qui prennent ces décisions ne sont pas au chômage ! Ils touchent 3 à 4000 euros, donc ils peuvent se permettre de dire ça, que c'est trop !"

Autre tour de vis pour avoir droit à une allocation un bénéficiaire devra justifier de 6 mois de travail au cours des deux dernières années. Soraya Bousmaha fait partie d’une association qui aide les chômeurs: "Souvent les gens qu'on reçoit ont des petits contrats précaires. Pour toucher le chômage, ils vont ramer et accumuler plusieurs contrats avant d'être indemnisés."

Près de 710.000 demandeurs d’emplois, 27% des allocataires, vont y perdre cette année. Beaucoup sortiront du système déplore Jérôme Knibbe conseiller Pole Emploi et délégué CGT

"Cela veut dire que certains n'auront plus aucun droit, et se retrouveront à demander des aides type allocation de solidarité et RSA. Donc c'est juste déporter le problème. C'est pas parce qu'on n'indemnise pas les gens qu'ils vont retrouver un emploi, c'est pas vrai !" - Jérôme Knibbe

Cette reforme de l’assurance chômage n’est pas rétroactive elle concernera uniquement les nouveaux bénéficiaires à partir du 1er novembre.

 

"Deux à trois millions de chômeurs. De toute façon, ça ne rentre pas" - Jérôme Knibbe

 

 

Durée de cotisation, rechargement des droits, calcul de l'indemnité... Ce qui va changer concrètement

Cela commence par la nécessité de travailler plus longtemps pour ouvrir des droits au chômage: de quatre mois travaillés sur 28 aujourd'hui, il faudra demain travailler six mois sur les deux dernières années. Conséquence : moins de personnes pourront toucher le chômage.

Pour voir ses droits au chômage rechargés, il faudra travailler plus longtemps: d'un mois jusqu'ici pendant sa période d’indemnisation, il faudra six mois désormais.

Tout cela concerne la réforme de ce 1er novembre, mais une seconde va intervenir le 1er avril: réforme cette fois ci, sur le mode de calcul de les indemnisations. Concrètement, elles seront définies à partir du revenu mensuel moyen, que le chômeur ait travaillé ou non. Alors que jusqu'ici, elle se base sur la moyenne des salaires touchés durant les jours travaillés. Forcément, les chômeurs risquent de toucher moins.

Toute une série de mesure qui inquiète dans les Pôle emploi. De nouveau vigiles doivent même être recrutés dans les centres, pour limiter au maximum tout débordements d’allocataires désabusés.