Driss Aït Youssef : "Dans les prisons, on a laissé la situation se pourrir"

Photo d'illustration ©FRED TANNEAU - AFP

Driss Aït Youssef, spécialiste des questions de sécurité et président de l'Institut Léonard de Vinci, était l'invité du journal de 18h au micro de Véronique Jacquier.

La question de la radicalisation dans les prisons revient sur le devant de la scène depuis la découverte d'un projet d'attentat élaboré depuis la prison de Fresnes. Invité du journal de 18h sur Sud Radio, au micro de Véronique Jacquier, Driss Aït Youssef, spécialiste des questions de sécurité et président de l'Institut Léonard de Vinci reconnaît qu'on a "très certainement passé un cap", mais n'y voit "rien de surprenant".

"En prison, des individus incarcérés pour des faits de droit commun continuent de piloter leur trafic de stupéfiant dans leur cité, explique Driss Aït Youssef. Ceux incarcérés pour des faits de terrorisme continuent certainement à faire la même chose."

Pour lui, aujourd'hui, le problème est que "la prison ne fait plus peur. Et à partir du moment où elle ne fait plus peur, elle a raté sa vocation de faire réaliser au détenu le crime qu'il a commis et préparer sa réinsertion".

La conséquence, explique-t-il, d'un renoncement qui date de plusieurs décennies : "Nous payons ce que nous avons refusé de voir ou de faire il y a des décennies. Je travaille sur ces questions depuis de nombreuses années, je prévenais qu'il fallait s'occuper des prisons, que nous allions avoir des difficultés. On n'a pas voulu s'en occuper parce que les prisonniers ne votent pas. On a laissé la situation se pourrir."

Et ce n'est pas la solution avancée, de développer le renseignement dans les prisons par l'administration pénitentiaire, qui pourra régler les choses : "Ce n'est pas le rôle de la prison, de l'administration pénitentiaire, de faire du renseignement. On se trompe. Son rôle est d'aider à réinsérer, de faire en sorte que les prisons soient des lieux de détention plus dignes."

Écoutez l'interview de Driss Aït Youssef, invité du journal de 18h au micro de Véronique Jacquier

 

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Michel Ange
- Mercredi 11 octobre 2017 à 08:10
Depuis des années et des années nos prisons sont devenues une véritable pétaudière , à force de mettre la poussière sous le tapis et surtout au pas de vagues. En fait nos politiques depuis des décennies ne veulent pas prendre leur responsabilité tremblant comme des feuilles mortes, beaucoup d'entre eux devraient s'offrir une paire de gonades. Ce pas de vagues s'appliquent aussi dans les banlieues en achetant à coup de millions avec l'argent des contribuables, ainsi que dans nombre de problèmes. (excepté pour le pauvre automobiliste qui dépasse de 1 ou 2 km heure, là sanction sans délai.....................)

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