Didier Aubert : "pour les cheminots, cet âge de référence est inacceptable"

Pour Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots, l'âge de référence mis en avant par le gouvernement pour la retraite est inacceptable. Il dénonce également des traitements qui n'ouvrent pas droit à la retraite.

À moins qu’un accord soit trouvé, CFDT Cheminots est prêt à tenir la grève même pendant les fêtes de fin d’année. © AFP

Didier Aubert était l'invité de Patrick Roger le 13 décembre 2019 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Il suffit que le gouvernement négocie et réponde à nos attentes"

Interrogé sur les perspectives d’un accord d’ici Noël, qui mettrait fin à la grève, Didier Aubert a répondu : "notre objectif est d’arriver à un accord. Je rappelle que la CFDT Cheminots ne voulait même pas entrer en conflit. Il suffit que le gouvernement négocie et réponde à nos attentes. Personne n’a envie qu’il y ait une grève à Noël, même pas les cheminots nous-mêmes".

"Cet âge de référence est inacceptable. C’est une mesure paramétrique qui vise à faire reculer l’âge d’ouverture des droits à la retraite. On vient de faire basculer 52.000 cheminots dans le régime universel d’ici 2025, sans mesure d’accompagnement, sans discussion. C’est inadmissible. Ce gouvernement fait preuve d’amateurisme voire d’incompétence, même dans les modalités de mise en œuvre de ce régime universel", a poursuivi Didier Aubert.

"Les gens ne veulent pas venir travailler à la SNCF"

Au cours de cet entretien, Didier Aubert a pris le temps de détailler la situation des cheminots vis-à-vis de la retraite. "Dès 2025, l’âge d’ouverture des droits se décale de 4 mois par an. Ensuite, les cheminots qui partent aujourd’hui à la retraite à 56 ans ont en moyenne 50% de taux de remplacement. Car nous n’avons pas de retraite complémentaire obligatoire. On a le même souci que l’Éducation nationale sur les traitements qui n’ont pas de prime. Dans ce cadre-là aussi, il y a lieu de négocier des augmentations de salaire car les cheminots seront perdants".

Didier Aubert a aussi attiré l’attention des auditeurs sur les conditions de travail au sein de la SNCF. "Il y a des conditions de salaire, et puis il y a les conditions qui accompagnent le salaire. Nous avons toujours milité pour qu’il y ait des logements à proximité des lieux de travail. Il y a des gens qui prennent leur service à 3-4 heures du matin. Il n’y a pas de transports en commun pour venir au travail. À la SNCF, nous avons plus de 1.000 démissions par an et des difficultés de recrutement. On a 500 emplois non pourvus en Île-de-France, notamment à SNCF Réseau parce que les gens ne veulent pas venir à la SNCF compte tenu des conditions de travail".

 

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