David Belliard : "je discute avec Danielle Simonnet, avec Cédric Villani, avec Anne Hidalgo"

David Belliard, candidat écologiste à la mairie de Paris et président du groupe écologiste au Conseil de Paris, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 7 février sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

David Belliard, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 7 février à 7h40.

Un nouveau lundi noir dans les transports est attendu le 17 février. "Je serai dans la rue, je soutiens les manifestants affirme David Belliard au micro de Patrick Roger. Pour lui, cette réforme est mal ficelée, dont on ne connaît pas les conséquences, notamment pour les femmes et les plus vulnérables. C'est un passage en force, alors que nous sommes en train de discuter d'un système de solidarité intergénérationnelle, qui nous engage aujourd'hui, mais pour des dizaines d'années, il y a un blocage. Nous devrions rediscuter pour intégrer la pénibilité, pour contrer les inégalités femmes-hommes. Oui il faut faire une réforme des retraites, mais pas celle-là" estime-t-il.

 

David Belliard : "On fait un procès en incompétence à Isabelle Kocher, qu'on ne fait jamais pour les hommes"

Isabelle Kocher, PDG d'Engie, va être écartée. "C'est incroyable que dans un pays comme la France, nous en soyons à nous dire que c'est jusqu'à présent la seule patronne, la seule femme regrette David Belliard, alors que partout dans le monde les femmes sont en train de prendre le pouvoir, elles sont par exemple en première ligne sur la question du climat. Ça veut dire que nous ne sommes pas d'accord sur le fait qu'une grande entreprise, un grand groupe énergétique français fasse sa transition énergétique vers le renouvelable, parce que c'était la stratégie de Madame Kocher. Je n'ai pas d'accointances particulières avec Isabelle Kocher précise-t-il, mais ce que je vois, c'est que cette femme était en train de faire la transition d'un grand groupe énergétique français, d'orienter Engie vers le renouvelable. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais manifestement, il y avait un problème sur la divergence stratégique. On lui fait un procès en incompétence, qu'on ne fait jamais pour les hommes" dénonce-t-il.

 

"Il faut réduire notre alimentation carnée"

Une proposition de taxation de la viande rouge de 25% a été présentée au Parlement européen, pour que son prix reflète notamment son coût environnemental. Selon David Belliard, "il faut réduire notre alimentation carnée. Aujourd'hui, l'élevage, c'est 16% des émissions de CO2 rappelle-t-il. Il faut aller vers une alimentation plus végétale dont il faut faire la promotion. Il y a d'autres façons qu'une taxation. Je souhaite qu'il y ait une alternative végétarienne dans les cantines à Paris. Ce sont des mesures positives. Nous devons changer nos habitudes et que nous apprenions à manger moins de viande, moins de produits issus des animaux".

 

"Il y a une vague écologiste, un désir écolo qui est partout en France"

Dans les sondages, les écologistes cartonnent dans les grandes villes, comme Bordeaux et Montpellier. Pourquoi n'y a-t-il pas une dynamique aussi forte à Paris ? s'interroge Patrick Roger. "Il y a une dynamique, puisque nous sommes en progression à Paris conteste David Belliard. C'est une élection municipale, avec des contextes particuliers. Il y a une vague écologiste, un désir écolo qui est partout en France, mais aussi très ancré à Paris estime-t-il. On a un projet extrêmement singulier, je souhaite qu'on arrête les projets de bétonnisation qui sont prévus par la majorité socialiste, notamment dans les grandes friches SNCF dans lesquelles on pourrait faire des grands parcs.

Face au dérèglement climatique, on a des enjeux qui nous dépassent, auxquels on ne va pas répondre en étant dans la surenchère écolo, en disant qu'on va déplacer des gares ou faire des forêts urbaines dénonce-t-il. On a déjà les terrains, on a 200 hectares : faisons-en des parcs ! Et arrêtons de faire des gares des centres commerciaux : faisons-en des vraies gares, pour faire rouler des vrais trains ! réclame-t-il. Faisons revivre la Bièvre, une petite rivière qui passe dans le 13è et le 5è arrondissement et qui est enfouie depuis plus d'un siècle".

 

"Je discute avec Danielle Simonnet, avec Cédric Villani, avec Anne Hidalgo"

Il y a beaucoup de candidats à la mairie de Paris, certains font de la surenchère avec ces questions vertes. "Il y a un certain nombre de personnes avec qui nous sommes aujourd'hui en situation de discuter, avec des conditions reconnaît David Belliard. C'est très innovant : d'habitude, après le premier tour, on va dans une salle à l'abri des regards pour faire un accord que personne ne comprend et ne connaît. Moi, je dis les choses : on a fait 200 propositions pour Paris, on va continuer à en faire. Ensuite, je ne sais pas si ça va aboutir, mais je dis avec qui je suis en capacité de discuter, parce qu'on a un enjeu énorme qui est le dérèglement climatique. J'ai donné un certain nombre de conditions, avec la France Insoumise, avec le Parti socialiste, avec Cédric Villani.

Il y a un énorme désir, un énorme mouvement qui est en train de se faire pour l'écologie explique David Belliard, pour une écologie humaine, de la sobriété. On va écrire une nouvelle histoire pour Paris. Je discute du projet avec l'ensemble des concurrents, car il faut une démocratie apaisée. Je discute avec Danielle Simonnet, avec Cédric Villani, avec Anne Hidalgo, parce que comme je l'ai dit, la coalition climat, c'est une grande coalition. Les gens ont envie de venir avec nous ! Cette coalition pour le climat, on est déjà en train de la faire" ajoute-t-il.

 

"Je suis pour une écologie populaire et désirable"

"Je suis pour une écologie populaire et aimable, une écologie populaire et désirable affirme David Belliard. Je crois que l'écologie ne se résume pas à un simple mot. C'est une écologie du mieux, où on va se faire plaisir, où on va mieux vivre, en meilleure santé. Elle est populaire, c'est pour ça que nous sommes présents dans le 19è arrondissement, que les arrondissements les plus populaires sont ceux où nous sommes extrêmement présents. Ceux qui souffrent de la pollution de l'air, ce sont ceux qui sont près du périphérique, ceux qui sont les moins riches. Quand on fait de l'écologie, on fait de l'écologie pour les gens qui sont les plus vulnérables".

 

 

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