"Dans les quartiers, ce n'est pas la loi du silence mais la loi de la lâcheté"

Nadia Remadna, présidente de la Brigade des Mères, était "L’invitée de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 6 mai animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Elle revient sur l'enquête en cours au sujet de ces jeunes filles qui auraient été refoulées d’un bus de la RATP à Paris parce qu’elles portaient une jupe. 

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"On a laissé faire, on a fait semblant de ne pas voir : c'est devenu malheureusement banal"

Une jeune fille n'a pas pu monter dans un bus de la RATP, à Paris, visiblement parce qu’elle portait une jupe. L'enquête est en cours, le machiniste pour l'instant nie les faits. Pour Nadia Remadna, présidente de la Brigade des Mères, "je ne suis pas surprise par les faits dénoncés par le père de cette jeune fille, qui a bien fait de les dénoncer, parce que ce n'est pas la première fois ni malheureusement la dernière fois. On n'est tellement habitué que c'est devenu malheureusement banal.

En région parisienne, à Paris, mais aussi au milieu des éducateurs, c'est plus vaste que cela. On a laissé faire, on a fait semblant de ne pas voir, ne pas entendre par intérêt électoral pour certains. Tous ces machos intégristes à qui on a donné énormément de place et d'importance.

Si ce chauffeur s'est permis de ne pas laisser monter ces deux jeunes filles, car elles étaient deux, c'est parce qu'il pensait qu'il pouvait le faire, c'est devenu malheureusement banal. Les tabous ne sont pas levés, on a peur d'en parler. On nous dit que c'est une minorité et qu'il ne faut pas stigmatiser". 

Qui faut-il interpeler ? Les municipalités ? La police ? "On a interpelé au niveau local, mais on n'a pas été écouté, on a été traité de tous les noms, de fachos ! Ce qui est grave, c'est qu'on a enfermé des gens comme nous et on a valorisé ce genre de comportements. C'est devenu banal et c'est pas normal. Même nous qui sommes militantes depuis des années, nous sommes épuisées, on ne nous écoute pas. On a interpellé Monsieur Hollande, Monsieur Macron, la ministre de l'Éducation nationale. La situation ne fait qu'empirer. On pense qu'on l'évitera si on n'en parle pas mais ce n'est plus la peur mais la lâcheté".

"Dans les quartiers, ce n'est pas la loi du silence mais la loi de la lâcheté"

La République ne sait pas comment faire visiblement, parce qu'elle a peur de stigmatiser les populations. "On a l'obligation normalement de protéger les valeurs de la République. On ne peut pas laisser les minorités faire ce qu'elles veulent sous prétexte d'avoir peur d'être traité de fachos, de racistes".

C'est une loi du silence dans les quartiers ? "C'est la loi de la lâcheté, ce sont les femmes qui sont au front. Aujourd'hui, dans les banlieues, la religion est devenue du quotidien : on doit dire quelque chose quand on se lève, quand on s'assoit, quand on ouvre la fenêtre. Ce qui m'inquiète, c'est que c'est devenu banal, ce n'est plus quelque chose qui choque. Je n'ai pas peur de ces jeunes qui font la loi ! On doit protéger notre jeunesse, particulièrement ces jeunes filles. Je me bats pour être libre face à ces quelques individus qui ont décidé d'imposer leur loi". 

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Retrouvez "L’invité de l’actu" du lundi au vendredi à 8h10 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
 

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