Damien Abad : "Le couvre-feu est un mal nécessaire, mais c'est un aveu d'impuissance"

Damien Abad, député LR de l'Ain et président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 15 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Damien Abad, député LR de l'Ain et président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 15 octobre à 7h40.

Au lendemain de l'annonce d'Emmanuel Macron, instaurant un couvre-feu dans huit métropoles classées en alerte maximale, Damien Abad estime qu'il s'agit "d'un mal nécessaire" même si cela ressemble à "un aveu d’impuissance". "Les tests ont trop tardé, c’est la bérézina. StopCovid n’a pas fonctionné. Oui, le couvre-feu était nécessaire, mais on le fait parce que l’on est au bout du rouleau", estime le député de l'Ain.

Avec des services de réanimation saturés qui compte 30% de patients Covid, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale y voit l'illustration de "l’état de notre système de santé". "Quand on a 30% de personnes en réanimation, le pays s’arrête. Pourquoi ne fait-on pas d’hôpitaux éphémères, ne forme-t-on pas de personnels soignants, comme en Allemagne, qui a des dépenses de santé plus basses que les nôtres ?", s'indigne-t-il.

"Nous voterons la prolongation du couvre-feu"

"J’ai vu un président plutôt pédagogue, confie Damien Abad qui nuance en observant "un gouvernement dépassé, qui navigue à vue, un ministre de la Santé qui n’a pas tiré les leçons de la première vague". "C’est parce que la stratégie 'tester, tracer, isoler' a échoué qu’on est contraint de prendre la décision du couvre-feu, qui n’est rien de moins qu’un confinement de nuit", juge l'élu.

"Les Français, soit on les infantilise, soit on les accuse. Il y a eu trop d’aller retour, d’incohérences. Ce n’est pas très clair", regrette-t-il, estimant que "le 'en même temps' sanitaire ne fonctionne plus". Si Damien Abad regrette que l'on soit "obligé de prendre des décisions très contraignantes sur le plan des libertés individuelles", il annonce que le groupe LR au Palais Bourbon "votera la prolongation du couvre-feu de quatre à six semaines, si les conditions sanitaires l'exigent".

"Le grand drame est cette lenteur des tests"

"Nous y arriverons", a assuré Emmanuel Macron durant son entretien télévisé. "On ne peut que partager cette volonté", confie Damien Abad qui invite à "s’interroger sur la capacité de notre pays à préserver le couvre-feu partout, dans tous les territoires de la République", face à une "nervosité sociale".

Sur une politique de dépistage massif, les élus Les Républicains le disent depuis le début de la crise : "pourquoi on avance si lentement sur les tests antigéniques, salivaires ?". Pour le chef de file du groupe parlementaire la lenteur des tests est "le grand drame" de cette crise. Face à l'échec de la première version de l'application Stopcovid, Jean Castex a annoncé la création d'une nouvelle version. "C’est une application à laquelle les Français n’ont pas adhéré. On passe de StopCovid à Tous anti Covid, il faut nous expliquer la différence", réagit Damien Abad.

Au printemps prochain, de nouvelles élections doivent se tenir sur tout le territoire. Alors faut-il repousser les élections régionales et départementales ? "Il faut que le débat soit sur la table et rapidement", répond le député de l'Ain qui estimerait "malvenu que le feuilleton de l’hiver pour les politiques soit le maintien ou non des élections". "Il faut que ce débat soit tranché avant la fin de l’année", en appelle-t-il.

 

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