Croyez-vous que le glyphosate soit dangereux ?

Roundup
Le glyphosate, dangereux ou pas ? Philippe HUGUEN / AFP

Faut-il interdire le Glyphosate ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 15 Mai. Avec pour invités :

- Pierre Médevielle, sénateur Union Centriste de Haute-Garonne
- Célia de Lavergne, députée de la Drôme et responsable pour LREM de la commission des affaires économiques à l’Assemblée Nationale
- Nicolas Jacquet, agriculteur dans les Landes, président de la section « France Grandes Cultures » à la Coordination Rurale
- Nadine Lauverjat, coordinatrice de l’association Générations Futures, en charge de la campagne « Victimes des pesticides »

" Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger

Croyez-vous que le glyphosate soit dangereux ? Mardi 14 mai, aux États-Unis, le groupe Bayer a été condamné à verser 2 milliards de dollars à un couple atteint de cancer parce qu’ils auraient utilisés du Roundup qui contient du glyphosate. En France, un rapport parlementaire ravive la polémique sur le pesticide… Alors, dangereux ou pas le glyphosate ? 

Pas plus dangereux que la charcuterie ?

La décision de justice rendue aux États Unis est une défaite pour le groupe Bayer qui a racheté Monsanto l’an dernier : deux milliards de dollars ! C'est la troisième condamnation à verser des sommes astronomiques depuis l’été dernier. Plus de 11.000 procédures sont en cours aux États-Unis contre le Roundup, qui contient du glyphosate. "Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’aux État-Unis, on reconnaît le lien de cause à effet entre glyphosate et cancer, c'est-à-dire qu’il favorise l’apparition d’un cancer", décrypte Véronique Jacquier.

La nuance avec cancérigène ? Cancérigène définit ce qui favorise le développement du cancer. Aux États-Unis, plus de soupçons possibles tandis qu’en France, on n’ose pas toujours parler vrai sur le sujet. Avant-hier, le sénateur UDI de Haute Garonne, Pierre Medevielle, a affirmé que le glyphosate n’était pas plus cancérigène que la charcuterie ! Ses propos ont semé une belle pagaille, car Pierre Medevielle sort jeudi 16 mai un rapport qu’on a attribué à la non dangerosité du glyphosate, alors que ce rapport analyse le fonctionnement des agences d’évaluation sanitaire. "Et c’est justement l’opacité des études scientifiques qui nourrit le doute sur le glyphosate. D’un côté, l’OMS, l’organisation mondiale de la santé, nous dit depuis 2015 le glyphosate est cancérogène. De l’autre, une dizaine d’agences d’évaluation européennes nous assènent que le pesticide n’est pas une menace. Le problème : les agences évaluent le danger, mais pas le facteur risque, c’est-à-dire le danger multiplié par l’exposition. Donc chaque fois le danger apparaît très faible, car personne ne boit une tasse de glyphosate en se levant le matin. On fait donc dire aux études ce que l’on veut."

Une agriculture sans glyphosate ?

Mais pourquoi a-t-on toujours ce sentiment que les risques liés au glyphosate sont minimisés ? "Pour deux raisons : aucun impact direct sur la santé n’a pu être prouvé et beaucoup d’agriculteurs ne savent pas s’en passer", constate  Véronique Jacquier. Pour les céréaliers Français, la perte est estimée à plus d’un milliard d’euros. Pourtant, une agriculture sans glyphosate est possible selon les chercheurs de l’INRA à l’horizon 2030. Emmanuel Macron a décidé que la France sortirait du glyphosate d’ici trois ans. "Ne regardons pas que les effets sur notre santé : le mal est fait dans la nature. Appauvrissement de la flore sauvage, mort des insectes… Le pesticide est fabriqué à partir de molécules chimiques. La disparition de la biodiversité nous rappelle que le glyphosate est forcement toxique." En France, la vente du produit, notamment le fameux Roudnup, est interdite pour les particulier depuis le 1er Janvier.
 
"Je crois qu’il y a eu beaucoup de confusion. Il n’y a pas de rapport parlementaire sur le glyphosate, le rapport que nous remettons jeudi est un rapport d’évaluation des agences, explique Pierre Médevielle, sénateur Union Centriste de Haute-Garonne. Mes propos dans la Dépêche étaient des propos personnels. C’est quand même extraordinaire qu’il n’y ait plus le droit d’avoir un avis divergent. Vous connaissez la justice spectacle aux États-Unis, Il y a des études, sur la cancérogénicité de la molécule, je maintiens ce que j’ai dit." Lobby Monsanto ? "Je n’ai jamais rencontré personne de Monsanto, je travaille sur les pesticides, qu’on interdise pas des substances sur de simples doutes ou par principe de précaution. Il n’y a pas de solution de remplacement pour le glyphosate à l’heure actuelle. Tous les produits à forte dose sont dangereux. Regardez le Doliprane !"

 

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Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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