Crise sanitaire : "Est-ce que ces étudiants désespérés pourraient aller jusqu'à mettre fin à leurs jours ?"

"Il ne serait pas raisonnable de préparer un retour à la normale au deuxième semestre" : voici les mots d’Emmanuel Macron devant les étudiants jeudi 21 janvier. Il a annoncé la mise en place de repas à 1 euro dans tous les restaurants du Crous ainsi que le retour en présentiel un jour par semaine pour les étudiants qui en ressentent le besoin. Pour répondre à la détresse psychologique des étudiants, il a confirmé la création du chèque psy. Une aide pour leur permettre d’être suivis par des professionnels. Mais certains n’ont pas attendu cette aide.

Crise sanitaire : un étudiant sur trois ferait face à une détresse psychologique. © AFP

Reportage de Grâce Leplat pour Sud Radio

 

"Je pense vraiment que l'on fait partie d'une génération sacrifiée"

Vivien est étudiant en 3ème année de sciences politiques à Lyon et la 3ème année, c’est l’année Erasmus : "j'étais très heureux de pouvoir vivre cette aventure que j'avais planifiée depuis des années, confie-t-il à Grâce Leplat. Mais je me suis retrouvé du jour au lendemain à devoir suivre l'ensemble des cours via mon studio". Un studio de 10 m2, dans lequel il va passer 2 mois : "c'est idéal quand on est étudiant pour manger et dormir mais pas pour passer 24h sur 24 entre 4 murs", explique-t-il.

Cette solitude finit par tellement lui peser qu’il est retourné chez ses parents en France. "Le contexte actuel plus l'incertitude face à l'avenir renforcent une forme de mal-être, reconnaît-il. Je pense vraiment que l'on fait partie d'une génération sacrifiée", affirme-t-il. Il n’arrive pas à se projeter et redoute des conséquences sur la suite de ses études.

 

"Est-ce que ces étudiants désespérés pourraient aller jusqu'à mettre fin à leurs jours ?"

Comme Vivien, un étudiant sur trois fait face à une détresse psychologique et cela inquiète la psychologue Ariane Calvo. "Ce qui nous préoccupe, c'est évidemment : est-ce que ces étudiants désespérés pourraient aller jusqu'à mettre fin à leurs jours ? Ce qui serait une conséquence dramatique d'une crise sanitaire qui est déjà dramatique", prévient-elle.

"Le sentiment de 'à quoi bon vivre si c'est pour vivre sans relations dans une planète complètement contaminée, où chacun est un danger pour l'autre', pose la question de 'est-ce que ça vaut la peine de continuer à vivre', explique-t-elle. C'est ce qui nous inquiète le plus chez les étudiants, qui en plus peuvent avoir des impulsions beaucoup plus irraisonnées et dangereuses pour eux-mêmes".

 

 

Après plusieurs tentatives de suicide, le gouvernement promet de renforcer la présence de psychologues dans les universités. Des annonces insuffisantes aux yeux des syndicats.

 

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