Coronavirus : le confinement s'impose, les médecins manquent de masques

Fabien Guez, médecin cardiologue à l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 16 mars. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les personnels soignants doivent à tout prix être réapprovisionnés en masques. - AFP

Face à l’épidémie, la première étape du confinement est mise en place avec la fermeture des bars et des commerces. Pourquoi le gouvernement a-t-il pris cette décision ?

 

Le confinement pour contenir la propagation

"Parce que cette épidémie se propage très vite, rappelle Fabien Guez, médecin cardiologue à l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Chaque jour, nous avons quasiment un doublement des gens contaminés. Des gens sont contaminés mais une immense majorité sont porteurs sains. On sait déjà que plusieurs millions de Français ont déjà le virus. Mais chez les plus fragiles, cette infection peut être très grave. Si vous avez 2, 3, 4 % de formes graves, cela fait beaucoup de monde à engorger les services de santé. Le confinement est important pour ne pas saturer les services d’urgence".

Comment ralentir la propagation, couper la chaîne ? "Il faut contenir cette propagation, et le seul moyen est le confinement, rappelle le Dr. Guez. Il faut que le gens restent chez eux. Fermer les frontières, c’est symbolique. Il faut surtout que les gens n’aillent plus d’une ville à l’autre". Bien sûr, "le pays ne peut pas s’arrêter. Il faut pour l’instant, pour quelques jours ou semaines, éviter de voir du monde et ne sortir que si c’est obligatoire pour aller voir son médecin, qui est en première ligne".

Le système D dans les hôpitaux

Des médecins qui doivent d’ailleurs ce lundi recevoir une nouvelle distribution de masques. Il faut qu’ils reçoivent d’urgence des masques de protection, rappelle le médecin cardiologue. En effet, pour éviter la propagation du virus, il convient de limiter les contacts et de rester à un mètre de distance, y compris dans les salles d’attente des médecins libéraux. Espacer les rendez-vous et favoriser la téléconsultation s’impose.

Mais, en parallèle, "à l’hôpital, on fait ce qu’on peut, mais vous avez beaucoup d’aides-soignants et infirmiers, de paramédicaux, qui pratiquent le système D, mettent les masques les uns sur les autres. Les masques ont une durée de vie de quelques heures, il faut les changer régulièrement. Les médecins libéraux doivent recevoir des masques de toute urgence pour se protéger. Et éviter que les médecins ne contaminent le reste de la population".

"Appelez votre médecin si vous avez des difficultés respiratoires"

"On n’est pas en présence du virus Ebola ni de la peste. Heureusement, dans l’immense majorité des cas, cette infection est bénigne. Dans l’immense majorité des cas, on n’a pas de symptômes du tout, c’est déjà le cas de plusieurs millions de Français qui sont porteurs sains. Lorsque vous avez cette grippe, vous avez un peu de fièvre et vous avez mal à la gorge. Et ce n’est que dans 5% des cas que l’hospitalisation s’impose. Je tiens à rappeler qu’il faut rester chez soi, ne pas appeler le 15 inutilement et appeler son médecin si on a des difficultés respiratoires. L’idée est de ne pas surcharger les services d’urgence pour permettre aux personnes atteintes d’autres affections à être elles aussi soignées.

L’unique raison pour laquelle on fait ce confinement est de protéger les gens fragiles : les personnes âgées, les cardiaques, les patients atteints d’infections pulmonaires", a fait savoir Fabien Guez.

 

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