Convention citoyenne pour le climat : "toutes les questions ne pourront pas passer au référendum"

Le 10 janvier 2020, les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, qui se réunissent au Conseil économique, social et environnemental, recevront la visite d'Emmanuel Macron, qui participera aux travaux.

Emmanuel Macron est attendu au Conseil économique, social et environnemental pour une réunion de la Convention citoyenne pour le climat. © AFP

Pour faire un premier bilan de la Convention citoyenne pour le climat, qui en est à la moitié de ses travaux, Julien Blanchet, son rapporteur général, était l'invité de Patrick Roger le 10 janvier 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

Les membres de la Convention citoyenne pour le climat sont toujours aussi enthousiastes

"Les citoyens participant à cette convention ont souhaité avoir une séance de travail avec Emmanuel Macron. Ils l’ont donc invité, et il a accepté de venir au Conseil économique, social et environnemental qui organise, avec un comité de gouvernance, cette Convention citoyenne.

Ce qui ressort, c’est une envie de faire. Quand on a appelé les gens, un tiers ont dit : 'oui, je veux participer'. Et cette dynamique-là se poursuit. Ils travaillent énormément pendant les week-ends où ils se réunissent au CESE, mais aussi quand ils sont chez eux, ils rencontrent des gens. Ils veulent appréhender des questions comme : quelle est la politique internationale de la France, quelle est la trajectoire du gouvernement, quels sont ses engagements…", a déclaré Julien Blanchet.

"Un nouveau filtre pour toutes les lois qui sont produites"

"Le président de la République s’était engagé à ce que les décisions de cette convention citoyenne soient transmises soit au Parlement, soit à tous les Français par référendum. Je pense que ces 150 personnes ont besoin, au milieu de leurs travaux, qui demandent beaucoup d’engagement, beaucoup d’investissement, de réentendre ça", a estimé Julien Blanchet.

Même s’il est encore trop tôt pour tirer un bilan, Julien Blanchet a tenu à rappeler que les membres de la Convention citoyenne réfléchissent à introduire, dans l’article 1 de la Constitution, un volet environnemental. "Il s’agirait de donner une nouvelle doctrine au Conseil constitutionnel, un nouveau filtre pour toutes les lois qui sont produites afin qu’elles prennent en compte les questions environnementales. Les membres de la Convention réfléchissent à des questions de publicité, de transports, à comment on isole nos bâtiments, est-ce qu’il est normal de payer un produit qui a fait des milliers de kilomètres, ou un produit fabriqué juste à côté… Je ne sais pas si on remet en cause le libre-échange ou la mondialisation, mais on ne peut pas faire comme si cela n’avait pas d’impact sur les émissions de gaz à effet de serre. Ces gens ont les deux pieds dans la réalité".

Climat : certaines questions pourraient passer au référendum, mais pas toutes

Interrogé sur les perspectives d’un référendum à l’issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, Julien Blanchet a déclaré : "bien sûr, ce serait assez logique. Le Conseil économique, social et environnemental est un lieu où on construit des compromis. Mais à un moment, ces compromis qui ont été construits en plus petit, il faut aussi vérifier si ce sont ceux que tout le monde est capable d’accepter. Dans ces cas-là, il est logique d’aller au référendum. Mais tout ne pourra pas passer au référendum. Le Parlement, dans la plénitude de ses compétences, pourra prendre ses responsabilités sur une partie des textes".

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