Confinés en zone rurale: "Ce sont les grandes villes qui nous desservent. Les vaches ne sont pas sujettes au coronavirus"

Loin des villes, la décision de re-confiner est parfois mal comprise en milieu rural, où la densité de population est évidemment beaucoup plus faible. Exemple en Haute-Garonne à Luchon, au centre des Pyrénées.

Pour se promener à Luchon comme partout ailleurs en France, il faut une attestation. Photo d'illustration - Christine POUJOULAT / AFP)
Reportage Sud Radio de Thomas Rossi

 

À Luchon, 2000 habitants, en plein cœur des Pyrénées centrales, il y a ceux qui accueillent ce re-confinement avec une pointe de fatalisme, comme Denise 73 ans. "On accepte", lance t-elle. "Le gouvernement fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, on sait pas trop où on va". D'autres, comme Bruno, qui ne comprennent pas cette décision:

"Ce sont les grandes villes qui nous desservent, ça c'est sûr ! Nous, on est à la campagne, à la montagne, je ne vois pas de raison de faire ça ici à Luchon, par exemple"

 

"Les vaches ne sont pas sujettes au coronavirus"

Il y a aussi ceux pour qui ce re-confinement ne va pas changer grand chose. Jean-Pierre Lavigne est agriculteur à Poubeau, un petit village au-dessus de Luchon. "Je ne me sens pas concerné du tout, les vaches ne sont pas sujettes au coronavirus", sourit-il. "Moi j'ai mon travail à assurer quoi qu'il arrive, je ne peux pas m'arrêter !" Dans cette vallée pyrénéenne, qui vit à la fois grâce au thermalisme et aux sports d'hiver, l'inquiétude est grandissante à l'approche de la saison de ski. Véronique, hôtelière, est inquiète quant à la saison de sports d'hiver:

"Fermer un mois à Luchon en novembre, c'est pas un gros souci. Mais ce qui nous inquiète, c'est les mois de décembre et février" - Véronique, hôtelière 

 

Montagne ou pas, ici comme ailleurs, les habitants ne pourront pas se déplacer au-delà d’un kilomètre, munis de leur attestation.

 

 

De l'autre côté de la frontière, des files d'attente devant les tabacs

De l'autre côté des Pyrénées, à la frontière espagnole, les stations service et les bureaux de tabac ont été pris d'assaut ce jeudi. Nombreux sont les français qui ont anticipé le confinement en allant faire le plein d'essence et de cigarettes. Dans le petit village frontalier de Les par exemple, des files d'attente d'une demi-heure, voire d'une heure, se sont formées devant les tabacs. Qu'importe, tous voulaient repartir avec leur précieuse cargaison.

"Vu qu'on va être confinés, on s'est dépêchés avant d'être bloqués. J'ai pris trois cartouches pour moi et un peu pour mon fils. Mais dedans, y'a beaucoup trop de monde, on est les uns sur les autres, c'est infernal. Y'en a cinq pour mon fils, quatre pour ma belle fille. Certains partent avec des cartons remplis"