Confinement le week-end : "malheureusement, cela ne marche pas"

Le confinement le week-end dans les Alpes-Maritimes est-il efficace ? Cédric Étienne, infectiologue au centre hospitalier de Grasse et au Pôle Santé Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), était l’invité de Patrick Roger le 18 mars, dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

"Des patients plus jeunes, entre 40 et 60 ans"

En vigueur depuis trois semaines et prévu jusqu’au 21 mars, le confinement le week-end est-il efficace dans les Alpes-Maritimes ? Est-ce que les cas positifs, d’hospitalisation et de réanimation sont en baisse ? "Oui, le taux d’incidence baisse, mais le taux d’admission en hospitalisation et en réanimation ne cesse d’augmenter, constate Cédric Étienne, infectiologue au centre hospitalier de Grasse et au Pôle Santé Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Nous avons des patients plus jeunes, entres 40 et 60 ans, beaucoup moins de sujets âgés."

Est-ce en raison du variant anglais ? "Cela représente les trois quarts des cas. Mais pour l’instant, c’est un peu flou." Tous souffrent-ils de soucis de santé sous-jacents ? "Au début, nous avions des plus de 70 ans ; là, c’est beaucoup moins le cas, même si nous en avons toujours. Nous avons des 40-60 ans, pas forcément avec de grosses comorbidités, avec un surpoids, des patients plus jeunes qui sont diabétiques, ont un surpoids ou un asthme. Mais parfois, ils n’ont pas de comorbodité, cela peut arriver."

 

 

"La seule chose qui marche est un confinement dur"

"Par rapport au début de l’épidémie, la prise en charge s’est largement améliorée, souligne Cédric Étienne. Notamment grâce aux corticoïdes et aux anticoagulants. Les établissements se sont dotés de machines à oxygénation en haut débit, ce qui évite de transférer des patients en réanimation. Nous avons ouvert des lits intermédiaires où l’on équipe nos patients qui ont des besoins en oxygène très importants de machines qui leur délivrent de l’oxygène à haut débit. Cela leur permet de passer un cap. Maintenant, cela reste très tendu. Depuis hier, nous sommes passés en palier 5. On doit déprogrammer les interventions chirurgicales, augmenter les lits de réanimation et dans les unités Covid. C’est sans fin. À un moment, il va falloir casser non pas cette troisième vague, mais cette deuxième vague qui ne s’est jamais terminée."

On parle d’un reconfinement pour 18 millions d’habitants. Avec trois semaines de recul, est-ce efficace ou non ? "Je pense que, si l’on se base sur les taux d’admission en hospitalisation et en réanimation, on peut considérer que cela ne marche pas. Nous sommes en tension hospitalière depuis trois à quatre mois, ce n’est pas d’aujourd’hui. Cela fait plusieurs fois que l’on a des pics de tension qui s’aggravent sur des personnels et des équipes surchargés. J’étais pour le confinement le week-end ; malheureusement, cela ne marche pas. Je pense que la seule chose qui marche est un confinement dur. Il y a du pour et du contre, mais c’est la seule chose qui a permis de faire baisser la première vague. Là, nous avons des demi-mesures depuis plusieurs mois qui ont un impact sur le moral des gens. Et plus les restrictions durent, moins elles sont respectées. Il faut refaire un confinement dur d’au moins un mois, au moins dans un premier temps sur les régions très impactées."

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