Conclusions du grand débat: les gilets jaunes ne s'y retrouvent pas

Les gilets jaunes dévoilent les conclusions de leur "Vrai débat". 45.000 identifiants d'utilisateurs, 900.000 votes... La restitution du "Grand débat" par le Premier ministre Edouard Philippe déçoit nombre d'entre eux. Selon eux, beaucoup de leurs revendications n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions du gouvernement. Référendum d’initiative citoyenne (RIC), rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), pouvoir d'achat... Après plus de deux mois de concertations, les Gilets jaunes ne comprennent pas ce décalage.

Reportage de Mathilde Choin

Thumbnail

Aucune référence au pouvoir d'achat, ni au référendum d'initiative citoyenne. En écoutant le Premier ministre, Mireille et Christelle ne se sentent pas écoutées:

"Non, il n'y a rien de ce qu'on veut. J'ai fait une dizaine de débats. On parle tous du RIC, on parle d'augmentations. Mais rien de tout ça dans ce qu'il dit ! C'est une mascarade complète: quand on prépare les questions et les réponses, c'est pas un vrai débat ! "

Et pourtant dans le "vrai débat" (la plateforme lancée par des gilets jaunes du sud-est), ces idées arrivent en tête des revendications des manifestants.

Des sujets exclus du débat officiel

Pascal Marchand, chercheur au Lerass, un laboratoire de sciences sociales à Toulouse, vient de collecter toutes ces informations avec des collègues de Lyon et de Paris. Et il essaie de comprendre d'où viennent ces différences entre les deux débats.

"Soit ils ne sont pas vraiment évoqués dans le site du grand débat national, soit les analystes qui ont traité ces données ne les ont pas mis en évidence, pour une raison ou pour une autre..."

En haut du tableau : la refonte complète des institutions avec le RIC, le vote blanc ou encore l'obligation d'un casier judiciaire vierge pour tous les élus. Maxime et les autres administrateurs sont prêts à aller jusqu'à porter leurs propositions au gouvernement.

"Il faut peut-être remettre les choses dans l'ordre. Tous ces élus, ce gouvernement et le Président sont payés par les citoyens. C'est eux qui devraient nous écouter."

D'ici là des assemblées citoyennes, concentrées sur ces conclusions, seront organisées jusqu'au 30 juin pour élaborer des propositions de lois.