Saumos. C’est dans cette commune de près de 600 habitants qu’a débuté en juillet dernier le mégafeu qui a brûlé plus de 40 000 hectares autour du bassin d’Arcachon. Si beaucoup ont perdu leur maison pendant les incendies et que 94% de la forêt communale a été calciné, les conséquences se font largement ressentir deux mois plus tard. Et cela devrait être le cas pendant près de 20 ans.
20 ans pour régénérer la forêt et 300 000 euros de préjudices
Une forêt « qui se régénère peut être exploitée au bout de 20 ans seulement », déplore Denis Lapeyre, au micro de Sud Radio. « Les années à venir s’annoncent compliquées. » Mais pourquoi cette forêt est-elle un enjeu particulier à Saumos et en Gironde en général ?
À Saumos, la forêt est en grande partie dédiée à l’exploitation : « C’est entre 200 et 300 000 euros d’entrées chaque année, explique le premier adjoint au maire, qui servaient principalement au fonctionnement, mais surtout aux investissements à l’avenir du village. »
Vendre ou recycler le bois calciné
Les conséquences directes sur la commune sont donc énormes. « Il y a des rénovations de bâtiments communaux comme la salle des fêtes, qui est un lieu de vie important pour nous, des cheminements d’eau qui étaient prévus pour sécuriser les abords d’une départementale, qui sont actuellement gelés », déplore-t-il.
Pour limiter l’impact économique, « nous vendons notre bois brûlé sur un système d’enchères et avec un prix de réserve qui est fixé par la commune ». Le problème : avec la quantité et la qualité du bois brûlé, « tout ne pourra pas être valorisé » et une partie pourrait être « vendue à perte ». En effet, vu la puissance de l’incendie, le bois utilisé pour la construction représentera, par exemple, une quantité plus faible. Une grande partie du bois dégradé sera utilisée sous forme d’énergie.
Mieux réfléchir à l’avenir
Alors, pour faire face à cette situation, accompagnée et encadrée par la Banque de France, la collectivité a mis en place une récolte de dons sur le site Saumos.fr. Ces dons permettent au village de continuer à vivre et surtout, ils seront investis différemment. Les mêmes erreurs ne seront pas commises, déclare Denis Lapeyre : « Peut-être changer d’essence d’arbre, peut-être changer la façon de planter, les périmètres, les pare-feux, tout le zonage. Tout cela couplé à une réflexion sur l’urbanisme, avec des essences à planter dans nos jardins. »