Cohabitation voitures-vélos : "il y a un incivisme instauré qui fait qu'on est dans la loi du plus fort"

Les derniers chiffres de la sécurité routière sont très mauvais : 17,1% de morts en plus au mois de février 2019. Et parmi eux, les cyclistes : avec 18 victimes, c’est le pire chiffre depuis 10 ans. Le nombre croissant de cyclistes et le beau temps des dernières semaines n’expliquent pas tout. En ville, la cohabitation voitures-vélos est souvent problématique, notamment à Marseille où automobilistes et cyclistes ont parfois des comportements dangereux. Lionel Maillet de Sud Radio est allé sur place. 

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"Les automobilistes ont un comportement souvent accidentogène"

Malgré ses équipements de sécurité, casque et un gilet fluorescent, Philippe n’est pas totalement rassuré. Il part tous les jours travailler à vélo dans le centre ville : "les voitures, surtout à Marseille, n'ont pas encore l'habitude de fréquenter les cyclistes, parce qu'on n'est pas encore en très grand nombre. Effectivement, les automobilistes ont un comportement souvent accidentogène : ils ne respectent pas le code de la route, ils nous serrent de très près, ils vont très vite, il faut faire attention".

À l’inverse, Thierry qui pédale une bonne demi-heure au quotidien, reconnaît que certains cyclistes roulent un peu n’importe comment : "quand on grille des feux, quand on prend des sens interdits, quand on grille des stops, personne ne nous voit car on n'existe pas. Le cycliste en tant qu'individu politique, citoyen, solvable, n'existe pas à Marseille, la police ne dit jamais rien, y compris aux voitures qui sont garées n'importe où. Il y a un incivisme instauré qui fait qu'on est dans la loi du plus fort".

Accidents de vélo : "les voitures ne respectent pas les distances de sécurité et roulent trop vite"

Marseille est régulièrement épinglée pour son manque de pistes cyclables mais ça n’a pas forcément de rapport avec le nombre d’accidents car la plupart ont lieu hors agglomération. Pour Cyril Pimentel, qui coordonne le collectif vélo en ville,"en ville, les accidents sont souvent des ouvertures de portières. À l'extérieur en revanche, ce sont souvent des accidents sur des routes départementales pour une pratique sportive du vélo, parce que les voitures ne respectent pas les distances de sécurité et roulent trop vite".

Le port du casque n’est lui obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. 

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