Claire Koç : "Ce n'est pas mal d'aimer la France, de vouloir devenir Française"

Çigdem Koç, devenue Claire Koç en 2008, journaliste, fille d’immigrés turcs, auteure de "Claire, le prénom de la honte" (éditions Albin Michel) était l’invitée d’André Bercoff, mardi 2 mars, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Claire Koç invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Dans son livre, Claire Koç raconte sa démarche qui l'a menée à devenir française. D'origine turque, elle souhaite évoquer "un vrai problème de société", celui de l'intégration et de l'assimilation. "Pour moi, l'intégration c'est quand on est de passage, l'assimilation c'est quand on a envie de rester pour toujours", définie-t-il.

 

"Comme une résistante"

C'est justement ce qui a motivé Claire Koç à devenir française : "l'envie de s'ancrer pour toujours, de faire partie du pays, de son langage sonore", ce qui la poussera d'ailleurs à choisir un prénom français. "À chaque étape de ma vie, je me posais la question de savoir s'il était grave d'être Française", confie la journaliste qui s'est longuement vu reprocher sa naturalisation. Au point de se sentir "comme une résistante" lorsqu'elle entonna la Marseillaise durant la cérémonie de naturalisation.

La pression de l'entourage est forte pour la jeune femme de parents turcs. "On ne m'avait pas poussé à aimer la France, bien au contraire", se souvient l'auteure. Du côté de sa famille, comme de ses amis ou des associations d'aides aux immigrés, le discours était le même. "Je me disais que c'était fou, qu'il y avait non-assistance à personne voulant s'intégrer", confie Claire Koç. Pour ces associations, "il n'y a pas besoin de faire des efforts, la France est raciste", rapporte-t-elle, estimant "incroyable de tenir ce genre de propos". 

 

"On peut vivre apaisé avec les deux identités"

Des associations "bien pensantes", comme le qualifie Claire Koç, "qui partent du principe qu'ils veulent faire bien mais qui en réalité vous enfoncent", prévient-elle. Si prompt à donner des leçons d'antiracisme à tout va, elles ont parfois une attitude assez dérangeante, "devenant parfois de la xénophobie lorsque c'est répétitif", souligne la journaliste. "On venait me voir que pour me poser des questions sur la Turquie", se souvient l'auteure qui n'a pourtant "jamais rejeté ses origines". "On peut vivre apaisé avec les deux identités", assure-t-elle en dénonçant "une assignation à résidence identitaire perpétuelle". 

Malgré tout, Claire Koç souhaite livrer "un message d'apaisement" et affirmer "que ce n'est pas mal d'aimer la France, de vouloir devenir Française lorsque l'on vit ici". Elle aura finalement choisi un autre chemin que celui de ses parents, qui consistait à "vivre en France comme un étranger tout au long de sa vie". "Mes parents m'ont élevée comme une turque, j'ai pourtant décidé de prendre ma vie en main, de sortir de ce bourbier communautaire", témoigne la journaliste.

 

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