"C'est décidé, on se barre ! J'en peux plus". Au Muy, des habitants découragés après le nouvel épisode d'inondations

Deux morts emportés par les eaux, trois secouristes décédés alors qu'ils partaient en hélicoptère à l'aide des sinistrés: les violentes intempéries qui ont frappé la Côte d'Azur dimanche ont causé un lourd bilan humain, une semaine après des pluies diluviennes qui avaient fait six morts. Les habitants a peine remis du dernier épisode se montrent abattus et fatalistes au micro Sud Radio de Lionel Maillet.

Après deux inondations coup sur coup, les habitants du Muy n'en peuvent plus. (Valery HACHE / AFP)

Le cauchemar se répète pour Nicolas, qui a encore  vu l'eau monter dans sa villa, après avoir déjà subi de gros dégâts la semaine dernière.

"On vient à peine de s'en sortir, que faut se remettre à l'abri... C'est sans fin. On se dit: c'est reparti pour un tour. J'ai perdu deux voitures. C'est navrant à force. On a tout remonté ce qui pouvait risquer. On a déjà tout perdu la semaine dernière. Cette fois, y'a plus grand chose à faire à part attendre que ça se passe, et surveiller, mettre la famille à l'abri au cas où, si ça remontait, qu'on ne soit pas bloqué"

 

Voitures noyées

Sur le pied de guerre toute la nuit, Ali un employé communal du Muy qui sécurise les routes. Deux alertes rouge en une semaine, il n'avait jamais vu ça.

J'ai toujours habité ici, j'ai jamais ça en si peu de temps. Cela fait quand-même quelques années que ça se répète, et ça ne va faire qu'empirer ! Contre la nature, on ne peut malheureusement rien faire. C'est pas la nature qui détruit l'Homme, c'est l'Homme qui détruit la nature. Nous, ce qu'on peut faire, c'est protéger les points bas. On sécurise pour pas que les gens noient leur voitures, ou aient des accidents, ou plus grave: des morts, comme ces derniers jours"

 

L'inondation de trop pour Karim qui est garagiste depuis 12 ans au Muy cette fois il baisse les bras et va quitter la commune.
"On a le garage juste derrière. On a eu le temps de nettoyer, de faire sécher quelques véhicules qu'on avait réussi à sauver. Et c'est reparti ! J'en peux plus, je pars du Muy. C'est décidé, on se barre. On part vraiment Cela n'arrête pas ! La semaine dernière on avait un mètre... Presque tous les véhicules à la poubelle"