Caricature : "Si on peut caricaturer le prophète de l’Islam, on doit pouvoir le faire avec Macron"

Lors d'une manifestation des gilets jaunes, une camionnette était recouverte d'une caricature dégradante envers Macron et le préfet.

Ludovic MARIN - POOL/AFP

Deux personnes ont été arrêtées pendant la manifestation des Gilets jaunes ce samedi et poursuivies pour outrage par le préfet Lallement.

"L'arme du crime est une camionnette rose ou plus précisément un foodtruck avec lequel Carole Pigaiani vend de la nourriture pour financer son association qui lutte contre le suicide des jeunes LGBT. Elle habituée des manifs des Gilets Jaunes". 

"Sur le côté, on y voit une fresque où on Macron est tenu comme une marionnette par Joe Biden et il est en train de sodomiser le préfet Lallement. La légende : "la sodomie en marche". Cela ne fera pas date dans l’histoire de l’art ni dans celle du bon goût".

"Didier Lallement, lui, a porté plainte. Pigaiani et le conducteur de la camionnette ont été placées en garde à vue samedi. Ils seront jugées en avril pour "outrage à personne dépositaire de l’autorité publique". On comprend l’urgence. Une caricature en liberté, c’est intolérable..."

Vous trouvez normal qu’on insulte via une caricature le président et le préfet de police ? 

"Vu le nombre de délits et de violences réelles impunis, cette fermeté pour une agression symbolique laisse songeur. Se moquer du Préfet de police, c’est plus grave qu’agresser un policier ? Insulter et caricaturer ce n’est pas pareil même si une caricature peut être insultante. Dans une caricature, il y a de la médiation, de la représentation et du surmoi". 

"Si l’autorité ne peut tolérer d’être moquée, c’est qu’elle est trop faible. Ou trop autoritaire. La véritable autorité est au-dessus de ça. Il y a eu des milliers de caricatures de De Gaulle. Ça n’empêchait pas le respect des Français et ils se fendaient quand même la poire". 

Certes la personne du président est sacrée, car il incarne le peuple souverain. un outrage est donc une forme de blasphème laïque. Mais le blasphème n’existe pas en droit français. On peut être choqué par l’obscénité mais si on demande à la caricature d’être bienséante, autant l’interdire. Poursuivre l’auteur (présumé) de cette fresque, c’est encore plus ridicule que l’œuvre elle-même.

On n’est plus Charlie, au sommet de l’Etat ? Parce que si on a le droit de caricaturer le prophète de l’islam, on doit pouvoir le faire avec le président de la République française et le Préfet de Police. 

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