Canicule : "Le grand âge n'est pas une priorité pour l'État"

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(image d'illustration) NICOLAS TUCAT / AFP

En 2003, 15 000 personnes âgées étaient décédés des suites de la canicule. Quinze ans plus tard, les chiffres ne sont pas encore connus mais les associations sont inquiètes. Romain Gizolme était l'invité de Sud Radio, il a fait part de ses préoccupations. 

La canicule sévit encore et bien que le mercure devrait redescendre d’ici peu, les conséquences de cette vague de chaleur inquiètent beaucoup. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré hier que les chiffres de la mortalité seraient dévoilés dans quelques semaines. Pour rappel, en 2003, la canicule avait été fatale à 15 000 personnes âgées. Un chiffre effarant qui avait entraîné une prise de conscience de la part de la classe politique. Quinze ans plus tard, et bien que la prévention ait fait son bout de chemin dans la tête des Français, les associations restent soucieuses.

Romain Gizolme, directeur de l’association des directeurs au service des personnes âgées, était l’invité de Sud Radio ce matin. Il explique ses préoccupations : "Les choses se sont améliorées depuis 2003 certes. Pour autant, il faut bien avoir en tête qu’il ne suffit pas de climatiser en été et de vacciner en hiver pour améliorer la situation [...] En vérité, c’est un problème de fond. L’État n’a pas pris les mesures convenables pour accompagner les personnes âgées en période compliquée". Ce que déplore surtout Romain Gizolme, c’est le manque de dotations dans son secteur. Il compte sur Emmanuel Macron, lui "qui s’est engagé à faire des personnes âgées une priorité", pour prendre des mesures concrètes afin d’améliorer l’accompagnement, les conditions de travail, les conditions de soutiens des familles…

Le tableau n’est pas entièrement noir tout de même. Quelques petites améliorations ont été faites, par-ci par-là dans le secteur. Par exemple, depuis 2003, les soignants sont passés de 55 à 60 pour l’accompagnement de 100 personnes âgées. "Peu suffisant" pour Romain Gizolme qui estime que pour travailler sereinement, il faudrait 80 accompagnants pour 100 personnes. Le directeur de l’association attend du gouvernement un engagement qui permettrait d’augmenter le temps passé auprès des personnes dans le besoin. Mais pour cela il faut des moyens. Et pour le directeur, si l’État n’arrive pas à en débloquer depuis autant de temps c’est surtout car "la question du grand âge n’est pas une priorité, nous sommes une société qui discrimine par l’âge".

Pour l’heure, selon la ministre de la Santé, "la situation est sous contrôle".

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Michel Ange
- Mercredi 8 août 2018 à 16:45
Notre Roi à l'Elysée n'aime pas les personnes âgées. Les retraités paient chèrement la C.S.G. après un dur labeur où les 35 heures, parmi eux n'existaient pas, souvent ils ont vécu la semaine à plus de 40 heures. Si j'étais son épouse, je me ferais du mauvais sang !!

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