Le Premier ministre Sébastien Lecornu est attendu aujourd'hui à Marseille, où se tient une cellule de crise interministérielle sur la canicule. Une réunion suivie de près alors que la nouvelle vague de chaleur annoncée pour ce week-end risque d'accentuer un peu plus la pression qui pèse sur les hôpitaux phocéens. En effet, les agressions se multiplient envers les soignants dans les services de psychiatrie, notamment à l'hôpital Édouard Toulouse, où aucune chambre n'est climatisée.
Kader Benayed, du syndicat Sud Santé, décrit, au micro de Sud Radio, une situation intenable : « Aujourd'hui, nous avons des patients très irritables. Hier après-midi, par exemple, j'ai encore trois collègues qui se sont fait défoncer en voulant calmer un patient et en voulant prendre en soin un patient. » Il pointe également l'usure du personnel : « On les voit les uns après les autres tomber comme des mouches. Une augmentation constante des accidents de travail. Franchement, c'est très inquiétant ».
« Compliqué de travailler comme ça »
La climatisation reste également absente dans de nombreux autres services, notamment ceux dédiés aux plus jeunes patients. Pascale Jourdan, représentante CGT à l'AP-HM, alerte sur l'insuffisance des solutions actuelles : « Malheureusement, avec de telles températures, le ventilateur, ça ne le fait pas. Ça ne suffit pas. Dans certains services, il peut faire 30, voire plus ». La situation a même viré à l'incident technique la veille : « Hier, on a même eu une panne d'électricité pendant une bonne demi-heure. Donc forcément, plus de climatisation. Ça a été compliqué de travailler comme ça ».
À cela s'ajoute un déficit sévère de personnel qui fait craindre le pire pour les prochains jours : « Vu le manque d'effectifs, la charge de travail est toujours très intense. Il faut s'attendre à ce que l'activité aux urgences augmente. » Les 30 000 climatisations promises aux établissements hospitaliers ne suffisent pas à rassurer la syndicaliste, qui redoute déjà une nouvelle canicule.
+ 80% d'appels
La détresse marseillaise s'inscrit dans une tendance nationale bien plus large. À Paris, l'adjoint au maire chargé de la santé, Antoine Alibert, a évoqué samedi une « saturation exceptionnelle » et inédite des hôpitaux de la capitale. Les quatre Samu de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont, eux, enregistré une augmentation de 80% du nombre d’appels la semaine passée. Il estimait alors être « en plein dans une crise sanitaire ».
L'affluence aux urgences a notamment bondi de 36 % par rapport à une journée normale, et de 8 % en une seule journée. Le taux d'hospitalisation après passage aux urgences reste stable autour de 20 %, mais grimpe à plus de 50 % chez les patients de plus de 75 ans.