Alors qu'un nouvel épisode caniculaire se profile et que six départements du sud font face à un risque très élevé d'incendies, Sébastien Lecornu se rend jeudi à Marseille pour présider une nouvelle cellule interministérielle de crise.
Le gouvernement a été critiqué pour son "impréparation" par une partie des oppositions lors de la canicule historique qui a frappé le pays la deuxième quinzaine de juin.
Et Météo-France a prévu "sans doute un nouvel épisode de fortes chaleurs à partir de ce week-end". Ce mercredi, six départements du sud de la France, Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône et Vaucluse, ont été placés en "danger très élevé" d'incendies.
A Marseille, le Premier ministre sera informé sur "la saison de feux en cours" puis, il présidera la cellule de crise.
Mercredi, lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a appelé le gouvernement à profiter de "la phase de répit" depuis la fin du dernier épisode de canicule de la semaine dernière pour "anticiper sur des sujets majeurs comme les feux de forêt, l'usage de l'eau, les conséquences pour le milieu agricole", selon la porte-parole Maud Bregeon.
Le ministère de l'Agriculture a annoncé mercredi la mise à disposition de prêts de trésorerie pour que les éleveurs adaptent leurs bâtiments aux fortes chaleurs et Sébastien Lecornu doit présider vendredi "une réunion de ministres sur les conséquences de la canicule en agriculture".
Devant les urgences de l'hôpital Pellegrin de Bordeaux le 23 juin 2026
Philippe LOPEZ - AFP/Archives
- Vigilance sanitaire -
Du côté du système de santé, la fédération des hôpitaux publics français (FHF), par la voix de sa déléguée générale Zaynab Riet, a prévenu que "s'il n'y a pas de plan massif d'investissement, nous serons dans l'incapacité de pouvoir adapter nos structures au changement climatique".
Sur le plan des transports, le PDG de la SNCF Jean Castex a assuré que la SNCF se "préparait à faire face" à l'afflux de voyageurs dès vendredi pour les grandes vacances, sans pouvoir "garantir que tout va marcher très bien à 100%" si une partie du pays est en situation de canicule.
La France a vu refluer depuis dimanche un épisode caniculaire historique, mais la vigilance sanitaire demeure par crainte d'une forte surmortalité.
Les Ecologistes ont menacé de déposer une motion de censure pour dénoncer l'" impréparation" du gouvernement "à la fois de la canicule qu'on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive",
Une telle motion "n'arrêtera pas le changement climatique", a réagi mercredi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. "Il y a un gouvernement qui gère les crises et il y a face à ce gouvernement des forces politiques qui entretiennent cette crise". Elle sera signée avec des Insoumis, selon une source au groupe LFI, les Ecologistes ne disposant pas des 58 députés nécessaires pour la déposer
- "Besoin d'accélération" -
Le directeur général de l'AP-HP Nicolas Revel estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car "on a progressé sur plein de choses", mais qu'il sera "probablement supérieur à 2025", à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.
En multipliant les cellules interministérielles de crise, ou en activant le plus haut niveau de mobilisation sanitaire, le gouvernement veille à ne pas répéter les erreurs de 2003.
Le Premier ministre a assuré que "l'ensemble de la chaîne" et des dispositifs mis en place pour faire face à la canicule exceptionnelle avaient "tenu" lors du dernier épisode.
Vagues de chaleur en France : plus précoces, fréquentes et chaudes
Valentin RAKOVSKY, Valentina BRESCHI, Nalini LEPETIT-CHELLA - AFP
Pour lui, "il n'y a pas d'inaction, mais il y a un besoin évident d'accélération" face au changement climatique.
Mais de nombreuses voix ont critiqué notamment la forte baisse ces dernières années des crédits du Fonds vert, destinés à financer les projets des collectivités territoriales pour l'adaptation au changement climatique.
Le candidat à la présidentielle Édouard Philippe (Horizons) a affirmé mercredi qu'il n'était "pas né écologiste" mais "peut le devenir", en reconnaissant que la France avait pris "du retard" sur l'adaptation au changement climatique.
Par Anne RENAUT / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP