Boris Vallaud : "privatiser ADP, c'est aussi prendre le risque d'ébranler Air France"

Boris Vallaud, député des Landes et porte-parole du Parti Socialiste
Boris Vallaud, député des Landes et porte-parole du Parti Socialiste, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Boris Vallaud, député des Landes, porte-parole du Parti Socialiste et initiateur du projet de référendum d’initiative partagée au sujet de la privatisation d’Aéroports de Paris, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 10 mai animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. 

Boris Vallaud : "c'est une bonne nouvelle pour la France et les Français, très majoritairement hostiles à cette privatisation"

Le Conseil constitutionnel a ouvert la voie, jeudi 9 mai, à un référendum d’initiative partagée (RIP) au sujet de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), réclamée par des parlementaires en avril dernier. Cette décision va à l'encontre de l'avis du gouvernement. Pour Boris Vallaud, député des Landes, porte-parole du Parti Socialiste et initiateur de ce projet de référendum d’initiative partagée, "c'est une étape importante. Le Conseil constitutionnel a validé notre proposition de loi référendaire, conforme à la constitution. C'est une bonne nouvelle pour la France et les Français, très majoritairement hostiles à cette privatisation, qui vont pouvoir dire ce qu'ils pensent de cette privatisation".  

Il faut maintenant tout mettre en oeuvre : il faut, en plus des voix parlementaires, le soutien d'environ 10% des électeurs. "Il y a deux étapes passées : la première, c'était d'avoir le soutien de plus de 185 parlementaires et le Conseil constitutionnel a donné son accord. Maintenant, il est donné un mois au gouvernement pour organiser les modalités de récolte de ces 10% du corps électoral, 4,7 millions d'électeurs à réunir dans un délai de neuf mois. C'est exigeant mais c'est tout à fait possible". 

Le gouvernement doit mettre les conditions mais il n'y est pas forcément favorable, ce sont plutôt les parlementaires de l'opposition qui vont s'organiser pour mobiliser. "Pour ce qui nous concerne, parlementaires, nous allons nous assurer que toutes les garanties d'indépendance, de transparence et de loyauté dans la récolte de ces signatures soient assurées par le gouvernement. Nous demanderons rendez-vous au ministère de l'Intérieur.

"ADP est un service public national au sens de la Constitution de 1946, donc ça ne peut pas être privatisé"

Il y a déjà eu la privatisation des aéroports de Nice, de Toulouse et de Lyon, qui n'a visiblement pas posé de problème, à l'époque où Boris Vallaud était secrétaire général adjoint de l'Elysée. "Depuis lors, on est inscrit d'un certain nombre d'erreurs commises dans la privatisation d'aéroport de Toulouse. On serait reprochable de ne pas en tenir compte. Par ailleurs, ils ne sont pas de la même nature que les ADP. La particularité d'ADP, c'est que c'est un quasi monopole notamment sur le trafic international, sur le fret. C'est un service public national au sens de la Constitution de 1946, donc ça ne peut pas être privatisé, ça doit rester dans le giron public, ce qui n'est pas le cas des autres aéroports régionaux. 

Dernière chose, ADP est une entreprise qui est à la tête de 6.700 hectares de foncier au coeur de la région Île-de-France, qui est partie prenante de tous les grands projets d'aménagements, qui sont souvent des projets d'intérêt national. Ça n'a pas d'équivalent en Europe et en France. 

Enfin, c'est le hub d'Air France, donc la privatiser, c'est aussi prendre le risque d'ébranler Air France, qui n'a pas besoin de ça en ce moment"

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