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Bernard Kron : dans les hôpitaux, "on ne forme plus de véritables professionnels"

Par La Rédaction

Bernard Kron, membre de l'Académie nationale de chirurgie, vice-président de l'Internat de Paris était l’invité d’André Bercoff, jeudi 19 décembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Bernard Kron invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Depuis le mois de mars, les services d'urgences sont en grève, un peu partout en France. La faute à des "infirmiers, comme beaucoup de salariés, qui sont très mal payés, qui ont des services de nuit, qui sont fatigués, à qui on demande énormément de choses". De plus, selon Bernard Kron, "ils ne peuvent pas se loger dans Paris".

 

"Le drame des internes"

Le gouvernement a tenté de remédier à cette crise avec la loi 2022. "En créant le master, avec deux ans de plus, on va faire une délégation de tâches qui nécessitera deux ans de formation supplémentaires", réagit le vice-président de l'Internat de Paris. "Les infirmières me disent qu'elles font déjà les délégations de tâches, comme les internes ne sont souvent pas disponibles ou sont en grève", relate-t-il.

Il déplore qu'en "prolongeant indéfiniment la durée d'études, en mettant toute une classe d'âge au bac et en université, on ne forme plus de véritables professionnels [...]. C'est le drame des internes", analyse le membre de l'Académie nationale de chirurgie. La réquisition des internes est "une erreur de l'État, puisqu'ils ne sont plus des internes titulaires mais des juniors médecins en formation, ils n'ont pas le droit d'être réquisitionnés", explique-t-il.

"Faire des concours, c'est interdit"

"Les médecins sont désespérés parce que l'État a pris tous les leviers", dénonce Bernard Kron qui rappelle qu'entre 6 et 10 internes se sont suicidés depuis le début de l'année. Ils sont pourtant 27.000 internes en France, "ce sont eux qui font marcher les hôpitaux", reconnait-il. "Il n'y a plus de seniors pour les aider dans de très nombreux hôpitaux, les internes sont lâchés dans la nature sans une formation préalable", déplore le vice-président. Une formation qui était garantie par le concours de l'externat. "Mais faire des concours, c'est interdit, la sélection est interdite", regrette-t-il en s'interrogeant sur la future "qualité de ces médecins".

Bernard Kron en appelle au syndicat national des internes "à rejoindre notre association des anciens internes de Paris nommés par concours, qui est la sagesse et la mémoire de l'internat". Pour lui, "il faut faire un appel auprès d'Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, pour restaurer la qualité de l'internat". Une qualité qui sera de mise lorsqu'il y aura "une préparation pendant le premier et le deuxième cycle des études médicales", ce qui n'est pas fait en ce moment. "Une catastrophe", selon Bernard Kron.

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

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