Auxiliaire de vie : une profession oubliée en période de crise sanitaire

Les personnes âgées sont celles qui ont probablement eu le plus de mal à vivre ce confinement. Un confinement où les auxiliaires de vie ont été en première ligne. Au quotidien, pour les personnes vivants chez elles, il a fallu apporter son soutien physique, moral et psychologique. Les auxiliaires de vie ont continué leur métier dans l'ombre du personnel des EHPAD et des soignants. Au front également, leur reconnaissance s'est faite en silence, loin derrière les discours du gouvernement. Recueil de témoignages dans les Bouches-du-Rhône.   

Les auxiliaires de vie à domicile ont eux aussi été exposés au virus au quotidien. (© AFP - Photo d'illustration)

Un reportage de Mayeule de Charon

 

Au quotidien, les auxiliaires de vie ont apporté leur soutien. Un soutien qui n'a jamais failli, malgré le manque de moyen et l'incertitude des conditions. Les personnes âgées reconnaissent sans détour l'aide apportée qui a, pour beaucoup, apaisé une solitude du quotidien. Maurice, 88 ans, vit seul. Face au risque du virus, il préfère jouer la carte de la prudence et rester sur ses gardes, tout en rendant hommage aux auxiliaires de vie.

"Je préfère attendre un petit peu. Mais si j'ai besoin d'acheter quelque chose, je vais l'acheter."

Si Maurice peut faire ses courses tout seul, ce n'est pas le cas du ménage. Lissie vient l'aider une fois par semaine, une présence bien venue.

"On discute. Moralement, ça fait du bien. Pour les personnes âgées, c'est nécessaire."

Depuis le début du confinement, les auxiliaires de vie sont de plus en plus indispensables pour aider les séniors. Aurelyne Praly gère une structure de 30 salariés à Châteauneuf-Les-Martigues, dans les Bouches-du-Rhône.

"[Les personnes âgées] ont perdu les repères de l'heure de repas, l'heure des couchers. Tout simplement ce qui se passe dans une journée et à quel moment cela doit se passer. Ce sont nos auxiliaires de vie qui permettent de reprendre ces liens et de retrouver ces repères."

Mais la profession se sent oubliée.

"On parle beaucoup des EHPAD, des soignants, c'est bien. Mais nos auxiliaires de vie sont aussi sur le front depuis le début. On entend très peu parler de ce personnel là, qu'on récompense peut-être moins que les gens des EHPAD qui ont le droit à des primes via le gouvernement."

Aurelyne Praly espère que le département des Bouches-du-Rhône continuera à leur fournir des masques après le 31 juin.