Attaques de pompiers : "ces agressions font partie du bruit de fond"

Deux sapeurs pompiers ont été gravement blessés lundi 22 avril matin sur le périphérique parisien. Leur pronostic vital n'est plus engagé mais ils sont toujours hospitalisés. Ils ont été fauchés par un automobiliste alors qu'ils étaient en train de sécuriser un premier accident de la route. Les pompiers sont de plus en plus victimes de violences, d'agressions verbales et/ou physiques. C'est une information Sud Radio : en France, un pompier se fait agresser toutes les trois heures et cette violence quotidienne ne se cantonne plus seulement aux quartiers difficiles. Benjamin Glaise de Sud Radio est allé à leur rencontre.

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"Très rapidement, ça peut en venir aux mains"

Les agresseurs des pompiers sont de plus en plus Monsieur et Madame tout le monde. C'est le constat dressé par le secrétaire général d'UNSA Pompier, Jérôme François, qui a été pendant des années chef de centre dans une caserne en région parisienne. "Ils vont se comporter en consommateurs explique-t-il au micro de Benjamin Glaise de Sud Radio, partant du principe qu'ils paient des impôts et qu'ils savent mieux que nous ce qu'ils ont à faire. Très rapidement, ça peut en venir aux mains".

En 10 ans, les attaques physiques subies par les pompiers ont plus que triplé, sans parler des menaces de morts, devenues quasi quotidiennes : "régulièrement, j'ai été menacé de mort par des gens et je n'ai pas été porter plainte. J'ai eu tort et je conseille le contraire aux collègues. Quelqu'un qui dit 'je vais te tuer', ce n'est pas juste des paroles, c'est grave".

"Il y a des choses, aujourd'hui, qu'on en vient à tolérer parce qu'on y est habitué malheureusement"

Jérôme François se bat donc maintenant pour que ses collègues portent plainte systématiquement. Aujourd'hui seuls six pompiers sur dix agressés décident de porter plainte. "Ce qui est surtout marquant, c'est que ces agressions font partie du bruit de fond. Il y a des choses, aujourd'hui, qu'on en vient à tolérer parce qu'on y est habitué malheureusement. Il y a également des problèmes d'effectifs dans la police nationale et à la gendarmerie, donc on va avoir un temps d'attente pour porter plainte et derrière, une justice qui ne répond pas toujours avec la fermeté que l'on attend".

Cette hausse des agressions inquiète au plus haut niveau : le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a récemment demandé, de toute urgence, une coopération accrue entre les forces de l'ordre et les sapeurs pompiers.

 

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