Il faudra "redimensionner le site" français d'Arc, pour pérenniser l'activité du fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, a déclaré jeudi, au lendemain du placement en redressement, le candidat à la reprise, Timothée Durand, à l'issue d'une réunion à Bercy.
Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter des centaines de suppressions d'emplois.
Ce placement était "nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (...) pour repartir sur une base saine", a déclaré M. Durand, qui souhaite "concentrer la production".
L'usine compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le grand public: "dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours", a indiqué M. Durand.
En revanche, le four cristallin, le four d'opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront "pas touchés par ce plan", a indiqué M. Durand.
Concernant le nombre d'emplois qui pourraient être supprimés, le candidat à la reprise n'a pas donné de chiffres, donnant rendez-vous "d'ici trois semaines", à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.
La poursuite de l'activité passera également par "plus de flexibilité", a prévenu M. Durand, qui a rencontré dès mercredi les représentants du personnel pour esquisser avec eux "un nouveau pacte social".
"On sait ce qu'on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c'est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles", a indiqué M. Durand, membre d'une famille de propriétaires historiques d'Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu'en 2024.
Ce projet "est sérieux", a estimé le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, qui a reçu jeudi matin M. Durand et les élus du territoire, assurant que "l'État sera(it) extrêmement présent", tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, qualifié de "signe d'espoir".
Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an à peine.
Le plan "aura des conséquences pour l'emploi", a indiqué le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui s'est engagé, avec les élus, à "trouver une nouvelle solution" pour les salariés qui ne seraient pas conservés.
Il a notamment évoqué des discussions avec les élus du territoire, pour mobiliser des terrains susceptibles d'être "réindustrialisés par d'autres" entreprises que Arc.
Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d'Arc, "le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs", a souligné M. Durand, qui cite notamment le marché de l'hôtellerie et de la restauration, "très touché en ce moment en France", ce qui "impacte les volumes de vente du site d'Arques".
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP