Adrien Quatennens : Le déconfinement de Jean Castex "a été un échec"

Adrien Quattenens, député du Nord et coordinateur de la France Insoumise, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 4 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Adrien Quattenens interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 4 novembre 2020 à 7h40.

Adrien Quatennens : "Notre préférence ce serait plutôt que Trump soit battu",

Les sondages, qui donnaient une alarge avance à Joe Biden lors de l’élection présidentielle américaine, ont été démentis : Donald Trump fait de la résistance. Si l’issue est encore très incertaine à l'heure actuelle, Adrien Quatennens estime que "Donald Trump a mené une politique très centrée sur les États-Unis d’Amérique". Trump ce serait "plutôt l’Amérique d’abord", Biden "l’Amérique devant, mais plus sur la scène internationale", analyse-t-il, rappelant que "c’est la souveraineté du peuple américain qui s’exprime", sans nier que "notre préférence ce serait plutôt que Trump soit battu", tout en préférant, en réalité, Bernie Sanders.

Du côté de la France, Adrien Quatennens n’attend pas d'évolution quelle que soit l’issue de l’élection. "La France a baigné dans un atlantisme béat", explique-t-il, ajoutant que la France "n’a plus rien à faire" dans l’OTAN, "qui d’ailleurs elle-même n’a plus franchement de raison d’être".

 

"L'échec" du déconfinement

Le Premier ministre Jean Castex s’est emporté, à l’Assemblée nationale, mardi 3 novembre, contre les élus ayant incité les maires à prendre des arrêtés municipaux contraires au confinement, encourageant les commerces "non-essentiels" . Le député de la France insoumise rappelle que "Jean Castex, qui nous avait été présenté comme Monsieur déconfinement, a été un échec". "La situation d’aujourd’hui résulte des errements du gouvernement depuis le mois de mai, depuis le déconfinement", estime l'élu pour qui "la politique 'tester, tracer, isoler', aurait nécessité de très grands moyens", souligne le député La France Insoumise. "C’est un échec".

Dans les écoles, "on aurait pu imaginer embaucher des jeunes pour accompagner les professeurs", "dédoubler les classes" ou encore "qu’on réquisitionne des bâtiments", propose Adrien Quatennens. Quant à la situation à l’hôpital, plus critique de jour en jour, il déplore qu’il y a "100.000 lits d’hôpital qui ont été fermés, en France, en 20 ans", tous types de lits confondus. "Monsieur Macron a fermé, entre 2018 et 2019, 7.400 lits supplémentaires", rappelle-t-il. Le député du Nord insiste, "s’il y a besoin de reconfinement, c’est bien que le déconfinement a été un échec".

 

Quel équilibre entre la santé et l'économie ?

Le reconfinement, et les mesures ciblant les commerces, sont vivement décriées par l’opposition. "On nous dit qu’on cherche un équilibre entre la santé et l’économie, mais avec des mesures qui sont visiblement au milieu du guet. Emmanuel Macron nous dit que la situation est pire qu’au printemps, et il en déduit des mesures qui sont moins strictes qu’au printemps", déplore l'élu. La fermeture des rayons de produits non-essentiels pose question : "vous pensez, vous, qu’on risque plus dans une grande surface de se contaminer au rayon des livres et des disques, qu’au rayon des boîtes de conserve ?", interroge-t-il.

Alors que le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, "fustige les maires qui prennent des arrêtés pour que les petits commerces puissent continuer", c’est "le même Bruno Le Maire qui nous dit que ces maires mettent en danger la santé des Français, mais ça ne le choque pas de voir les scènes qu’on voit tous les matins dans les rames de métro", note l'insoumis.

 

Le conseil de défense "antidémocratique" ?

Rappelant que son parti avait fait de nombreuses propositions lors de la première vague qui ont toutes été "jetées à la poubelle", il critique la demande du gouvernement d’un "vote de confiance". "Ce n’est même plus le Conseil des ministres qui gouverne ce pays, c’est devenu ce fameux Conseil de Défense", s'insurge Adrien Quatennens. Une instance qui est placée sous le secret défense, "qui ne rend aucun compte, pas de compte-rendu, et c’est absolument antidémocratique".

"Je crois que si Emmanuel Macron pratique avec le Conseil de Défense comme un Conseil des ministres bis, c’est pour éviter ces mises en cause, parce qu’il patine une nouvelle fois dans la gestion de la crise",  souligne le député. "Le Conseil de Défense, c’est pour la stratégie militaire", rappelle Adrien Quatennens. Or, "le virus n’a aucune stratégie".

 

"J'appelle à un retour à la raison" face au terrorisme

La France insoumise est régulièrement accusé de complicité passive avec les organisations islamistes. Pour Adrien Quatennens, ce qui a été plus particulièrement reproché c'est "la participation à une marche organisée en réaction à un attentat contre une mosquée". "Quand nous manifestons, il y a parfois des manifestants qui ont d'autres objectifs que sa manifestation dans son ensemble", admet-il, rappelant que lors de la marché pour Charlie "il y avait des dictateurs, mais on n'a pas dit que c'était une marche des dictateurs". "En républicain, quelle que soit leur religion, quand des citoyens sont attaqués pour leur religion, il faut y être", assure le député.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon ne manque pourtant pas de propositions pour lutter face au terrorisme islamique. "Il y a trois grandes choses à faire", explique l'élu du Nord, dont "une résistance idéologique à l'adversaire". Deuxième point, celui de la question de sûreté intérieure. "Avant des nouvelles lois, nous avons besoin de moyens humains et matériels pour faire appliquer les lois déjà existantes", estime-t-il. Le député de l'opposition appelle la France à "revoir sa politique d'alliances à l'international", pointant du doigt les liens avec l'Arabie Saoudite, où le blasphème est encore condamné. "J'appelle à un retour à la raison", ajoute Adrien Quatennens.

 

 

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