Accessibilité des logements aux personnes handicapées : "On nous rajoute du handicap au handicap"

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La loi ELAN votée en juin 2018 a fait passer de 100% à 20% la part de logements neufs obligatoirement accessibles pour les personnes handicapées physiques. AFP

L'Association des Paralysés de France manifeste, ce mardi 14 mai 2019 à Paris, pour faire valoir les droits des personnes handicapées. Elle espère remettre à Emmanuel Macron une lettre ouverte pour lui rappeler ses engagements de campagne. Parmi ses revendications : une meilleure accessibilité aux logements. Pour rappel, la loi ELAN votée en juin 2018 faisait passer de 100% à 20% la part de logements neufs obligatoirement accessibles pour les personnes handicapées physiques. Nicolas Bidard de Sud Radio a contacté l'une des premières concernées. 

 

"On nous rajoute du handicap au handicap"

Mère de deux enfants, cela fait seize ans que Stéphanie est en fauteuil roulant électrique. Et rien que pour prendre sa douche, elle rencontre des difficultés : "Mon fauteuil roulant ne passe pas par la porte de la salle de bain, je suis obligée de m'accrocher à la porte, de me lancer sur le lavabo et du lavabo, de me lancer sur la chaise de douche. C'est de la fatigue".

De la fatigue que Stéphanie pourrait éviter si sa salle de bain était davantage accessible, avec une douche à l'italienne ou une porte plus large, par exemple. Elle manifestera le 14 mai 2019 pour plus d'égalité : "On a le droit de vivre comme tout le monde, on a les mêmes besoins que tout le monde, on a les mêmes envies que tout le monde. On est capable de faire plein de choses mais, à côté de ça, on ne nous en donne pas les moyens. On nous rajoute du handicap au handicap".

"On a l'impression de revenir vraiment en arrière sur ce qui a été fait"

Mécontente de la loi ELAN qui réduit à 20% la part des nouveaux logements neufs accessibles, Stéphanie l'est aussi du bilan actuel d'Emmanuel Macron en matière de handicap : "Déjà qu'on a du mal à trouver des logements accessibles ou adaptables... Là, ça va être carrément la galère. On a l'impression de revenir en arrière par rapport ce qui avait été fait. Je suis un peu en colère".

Cette colère n'est pas surprenante : d'après une étude IFOP réalisée sur plus de 3.000 personnes concernées, 89% se disent insatisfaits de l'action du président de la République concernant le handicap.

 

Patrice Tripoteau, directeur général adjoint de l'Association des Paralysés de France, attend plus de la part du gouvernement :


 

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