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Édouard Philippe et François Hollande débattent à Sens

L'un est candidat déclaré à l'élection présidentielle, l'autre attend son heure mais se montre particulièrement actif: Édouard Philippe et François Hollande ont débattu samedi à Sens (Yonne), s'accordant sur l'ampleur du redressement à mener mais divergeant sur les solutions, particulièrement sur la fiscalité.

Édouard Philippe et François Hollande debattent à Sens lors de l'université de rentrée du Laboratoire de la République.
ROMEO BOETZLE - AFP

L'un est candidat déclaré à l'élection présidentielle, l'autre attend son heure mais se montre particulièrement actif: Édouard Philippe et François Hollande ont débattu samedi à Sens (Yonne), s'accordant sur l'ampleur du redressement à mener mais divergeant sur les solutions, particulièrement sur la fiscalité.

L'ancien président de la République (2012-2017) et l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron (2017-2020) avaient déjà confronté leurs points de vue en avril lors d'un débat organisé par le think tank Les Gracques. Ils se sont retrouvés samedi à Sens (Yonne) lors de l'université de rentrée du Laboratoire de la République de l'ancien ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

À huit mois du premier tour, Édouard Philippe, à la campagne souvent jugée timorée, tente de prendre un ascendant incontestable sur ses concurrents, Gabriel Attal dans le bloc central, Bruno Retailleau à droite. Quant à François Hollande, son refus de participer à la primaire concoctée par le PS, à laquelle concourt Raphaël Glucksmann, ne masque guère sa volonté de se poser en recours en fin d'année.

Dans ce cénacle du Laboratoire de la République, où les "extrêmes" RN et LFI sont proscrits --le député RN de l'Yonne Julien Odoul est tout de même venu écouter le Premier ministre Sébastien Lecornu--, les débats sont policés et la volonté de se rejoindre après la présidentielle est manifeste. Dans la matinée, l'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a évoqué une "coalition des engagés" qui aurait vocation à se retrouver sur l'essentiel une fois passée l'élection présidentielle.

Sur l'état financier de la France, le consensus règne. Ce qui guette la France, "c'est le lent étouffement ou le choc brutal", plante Édouard Philippe.

François Hollande à Sens dans l'Yonne le 29 août 2026

François Hollande à Sens dans l'Yonne le 29 août 2026

ROMEO BOETZLE - AFP

"Ce n'est pas un problème de gauche ou de droite, c'est un problème de place de la France", renchérit François Hollande.

Mais pour l'ancien président, "il faut dire la vérité: il y aura une augmentation des prélèvements", en particulier sur les plus fortunés, après dix ans de "baisses d'impôts inconsidérées" et non financées. Hausse de fiscalité qui contribuera pour moitié, explique M. Hollande, au redressement budgétaire, l'autre se faisant par des économies.

-"Réponse" de Hollande en décembre-

Voilà "la pente traditionnelle du débat public français", qui aboutit à "augmenter les impôts", rétorque Édouard Philippe. Pour le maire du Havre, "on peut aussi essayer de diminuer la dépense", particulièrement la dépense sociale "qui n'est plus soutenable".

Pour le candidat Horizons, la "priorité", c'est "l'intérêt des actifs". "L'enjeu de la présidentielle c'est: qu'est-ce qu'on fait pour la jeunesse, précisément parce que nous sommes une société qui vieillit?", estime de son côté, comme en 2012, l'ancien président socialiste.

Près de dix ans après l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron et de son "en même temps", l'effacement du clivage droite-gauche a "affaibli le débat politique", juge M. Hollande. Ce que ne démentira pas son interlocuteur, "homme de droite" qui entend "rassembler la droite et le centre".

Ciblés tous les deux: "les extrêmes", RN comme LFI, qui "ont besoin l'un de l'autre", juge l'ancien président qui entend "s'adresser aux électeurs" et faire en sorte que les Français puissent "s'unir sur l'essentiel".

"Qui peut être contre?", ironise Édouard Philippe. Mais "cette rupture avec LFI", "vous ne l'avez pas pratiquée" lors des législatives de 2024 qui ont vu M. Hollande revenir à l'Assemblée, appuie-t-il, sous les applaudissements de la salle.

Édouard Philippe samedi à Sens dans l'Yonne le 29 août 2026

Édouard Philippe samedi à Sens dans l'Yonne le 29 août 2026

ROMEO BOETZLE - AFP

"La dissolution a abouti à ce que déjà, le risque d'une victoire du Rassemblement national ait été présent. Ce qui a justifié à un moment de trouver des investitures communes et à qui justifié aussi le Front républicain. Et vous avez vous aussi appelé, votre parti, à voter pour des candidats qui pouvaient être du Nouveau Front populaire", a rétorqué le député socialiste de Corrèze.

L'ambiance est bon enfant. Édouard Philippe élude les questions sur Gabriel Attal. Ironise sur celui "qui n'ose pas dire" qu'il est candidat. La salle se gondole. "Est-ce que je peux être utile à moment donné ? (...) J'attendrais le mois de décembre pour vous donner la réponse", explique François Hollande pour qui une chose est sûre, "la présidence qui concentre tous les pouvoirs" façon Emmanuel Macron, "c'est terminé".

Par Baptiste PACE / Sens (France) (AFP) / © 2026 AFP

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