À Marseille, de moins en moins d’enfants savent nager

C’est un chiffre qui ne cesse d’augmenter : le nombre de noyades en France est en hausse. Comment initier les plus jeunes à la natation ? Reportage de Stéphane Burgatt, à la piscine du quartier de Frais-Vallon, à Marseille.

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La ville compte 15 piscines, dont une seule en plein air.

Selon Santé Publique France, le nombre de noyades en France a doublé en trois ans, passant de 858 en 2015 à 1.758 en 2018. Rien qu'en juillet dernier, plus de 60 personnes ont perdu la vie ainsi, soit 30% de plus que l’an dernier. À tel point que les noyades mortelles sont devenues la première cause de mortalité par "accident de la vie courante" chez les moins de 25 ans.

 

Des opérations dans les quartiers populaires

Pour faire face à cette menace, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a lancé cette année un plan "Aisance aquatique". Objectif : permettre l’initiation des plus jeunes à la natation, et ce dès la maternelle. À Marseille, où le manque de piscine est criant, le bailleur social 13 Habitat conduit déjà des opérations pour apprendre à nager aux enfants des quartiers populaires.

Même s’ils ont pied, des petits cèdent à la panique... Ces enfants ne sont en fait jamais allés à la piscine :  "ils arrivent à se déplacer quelques mètres, mais ils s’essoufflent vite, n’ont aucune technique. On voit qu’ils n’ont pas l’habitude. On leur apprend à se sauver." L’enseignement de la nage fait pourtant partie du programme de l’école primaire, mais il y aurait trop d’enfants à gérer pour les maîtres nageurs.

Une seule piscine en plein air

L’initiative est appréciée et rassure dans le quartier. En effet, près d’un petit Marseillais sur deux ne saurait pas nager à l’heure d’entrer au collège. Cela pourrait s’expliquer par un défaut d’équipement : la ville compte 15 piscines, dont une seule en plein air.

Mais pour Claire Parès du collectif Marseille Nage, le problème est aussi générationnel : "cette génération-là sort beaucoup moins, est beaucoup figée sur son écran. ils ont beaucoup moins d’aisance pour aborder cet élément et il faut peut-être s’en alarmer."