• Le gouvernement est il capable de restaurer l'ordre ?

    Soumis par Lorraine Rdd le Mardi 19 mars 2019 à 12:58
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    Le gouvernement est il capable de restaurer l’ordre ? C’est la question que nous posons aux auditeurs après les mesures annoncées par Edouard Philippe hier. Certains syndicats de policiers évoquent des mesurettes… Qu’en est-il vraiment ?

    Christophe Castaner pourra continuer à aller en boite de nuit puisque la grande annonce du premier ministre c’est qu’on lui a trouvé un fusible : le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Par ailleurs, la manifestation des gilets jaunes ne sera plus autorisée sur les Champs-Elysées. D’une part, il n’y a plus rien à casser…D’autre part, les vandales iront casser ailleurs ! Et alors, s’ils cassent ailleurs qu’est ce que cela veut dire ? Que ce n’est pas grave ? Le gouvernement joue vraiment petit bras ! D’autant qu’il n’est pas question de reformer la doctrine du maintien de l’ordre, mais de la renforcer. La nouveauté, on la renforce de deux façons : les policiers sont autorisés à être plus mobiles, plus autonomes sur le terrain face aux casseurs. Et les interpellations de blacks blocks doivent pouvoir se faire rapidement. Mais pourquoi n’était ce pas le cas jusqu’à présent ? Edouard Philippe a dit hier que la stratégie du maintien de l’ordre avait changé après les saccages du 1er décembre. On aimerait comprendre pourquoi les deux mesures évidentes que je viens d’énoncer n’étaient pas appliquées. Tout cela témoigne d’une impuissance à juguler la violence. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de véritables réponses pour dire qu’il y a un Etat. Quelles auraient été les véritables réponses ? Interdire les manifestations qui sont non déclarées donc, par essence, elles ne sont pas autorisées. La réponse du Premier Ministre acte de fait qu’on tolère encore des mobilisations où les manifestants sont des émeutiers pour la plupart. Les gilets jaunes qui étaient hier sur notre plateau nous ont dit qu’ils attendaient des réponses en terme de pouvoir d’achat mais aussi la démission d’Emmanuel Macron. Donc on tourne en rond ! Même sur la réponse judiciaire la réponse du Premier ministre est faible : il n’a parlé que d’augmenter les amendes pour ceux qui appellent à manifester d’une façon illégale. Et pour Eric Drouet qui demande maintenant à bloquer les raffineries et les ports, quelle réponse ? "Plus de poursuites" a dit le Premier Ministre. Mais là encore, pour quelqu’un qui appelle à l’insurrection, la réponse est lente à venir. N’oublions pas que si le droit de manifester est un bien précieux, celui de protéger tous les citoyens qui veulent travailler le samedi aussi. Pour restaurer l’ordre, le compte n’y est pas.

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  • #GiletsJaunes : Faut-il interdire les prochaines manifestations ?

    Soumis par Lorraine Rdd le Lundi 18 mars 2019 à 11:54
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    #GiletsJaunes : Faut-il interdire les prochaines manifestations ? La question peut se poser après les nouvelles violences sur les Champs Elysées samedi. Que dit la loi ? Véronique Jacquier…

    C’est possible d’interdire une manifestation, surtout quand elle n’est pas déclarée comme ce fut le cas pour la mobilisation parisienne de samedi. Contrairement au droit de grève, le droit de manifester n’est pas inscrit dans la Constitution. Mais symboliquement il est garanti dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Les interdictions sont donc extrêmement rares. Le Conseil d’état tranche sur un critère : y a-t-il risque de troubles graves à l’ordre public ? Dans le cas des manifestations de gilets jaunes, la récurrence de la violence est un motif d’interdiction. Le fait que, samedi, le kiosquier des Champs Élysées aurait pu brûler avec ses journaux aussi. L’incendie de la banque qui a mis en danger les habitants de tout un immeuble également. La question de l’interdiction des manifestations de gilets jaunes s’est déjà posée après les graves incidents du 1er décembre quand l’Arc de Triomphe a été défiguré. Mais le gouvernement a préféré se lancer dans des interpellations préventives le 8 décembre au matin. Ce qu’il n’a pas fait pour l’acte 18 alors que la présence de casseurs était redoutée ! La stratégie du Ministère de l’intérieur est incompréhensible. Sauf si le gouvernement a sciemment fait le choix du pourrissement de la situation. Maintenant il faut vraiment interdire les manifestations.

     

    Ségolène Royal préconisait hier d’interdire les manifestations mais seulement sur les Champs Élysées. Ça ne suffirait pas ?

     

    Non parce que tout le quartier a été dévasté. Et des villes comme Bordeaux et Toulouse ont aussi fait les frais des casseurs et des gilets jaunes depuis le 17 novembre. Les commerçants en ont ras le bol. De plus en plus de salariés connaissent le chômage technique. Et la France devient la risée du monde entier. Emmanuel Macron a promis des actes forts. Il pourrait prendre les pleins pouvoirs comme l’autorise l’article 16 de la Constitution. Mais le président ne considère pas que les circonstances sont exceptionnelles sinon il ne serait pas parti au ski ! Reste donc comme signal fort l’interdiction des manifestations réclamées par Manuel Valls, Yannick Jadot chez les Verts, Eric Ciotti chez les Républicains. Si rien n’est fait, le signal est donné aux black blocks d’extrême gauche alliés à certains gilets jaunes qu’ils peuvent faire durer ce dans quoi nous sommes en train d’entrer : une guérilla urbaine.

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