Shein, Temu, AliExpress… Chaque jour, des centaines de milliers de petits colis arrivent de Chine en France, avec des prix auxquels les entreprises européennes ont bien du mal à se mesurer. Une nouvelle taxe européenne tente désormais de freiner le phénomène. Qu’est-ce qui cloche ?
Une taxe européenne pour rendre les petits colis moins attractifs
Pendant des années, les plateformes chinoises comme Shein Temu et AliExpress ont pu expédier en Europe des colis à très bas prix sans que les frais de transport constituent réellement un obstacle. Une bricole à 3 euros, avec une livraison gratuite ou facturée quelques centimes : pour le consommateur, difficile de résister.
Depuis le 1er juillet, l’Europe impose cependant une taxe d’importation de 3 euros par catégorie d’articles. Concrètement, un panier contenant trois tee-shirts et une coque de téléphone entraîne 6 euros de taxes supplémentaires. Et la mesure semble avoir un effet : selon les chiffres des Douanes françaises cités dans la chronique, les importations de petits colis dans l’Union européenne ont chuté de 30 à 40% depuis son entrée en vigueur.
Des frais d’expédition toujours très déséquilibrés
La France avait d’abord tenté d’agir seule, avec une taxe de 2 euros par colis entrant sur son territoire. Mais les plateformes chinoises avaient trouvé la parade, notamment en faisant transiter leurs marchandises par Anvers. Une fois entrés dans l’Union européenne, les colis pouvaient ensuite rejoindre la France par camion sans acquitter cette taxe française. Le passage à une mesure européenne a donc permis de limiter ce contournement.
Reste un autre problème : le coût du transport. Les règles postales internationales tiennent notamment compte du niveau de vie du pays expéditeur. China Post peut ainsi acheminer des millions de petits colis vers l’Europe à très bas prix, tandis que La Poste ne touche qu’une faible somme pour assurer la livraison finale en France. Dans l’autre sens, l’écart est spectaculaire : une simulation réalisée sur le site de La Poste pour expédier un colis d’un kilo à Pékin approche les 40 euros. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer les consommateurs chinois se précipiter sur notre Made in France.
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