" Vous me pardonnerez de ne pas être une dame", R. Ferrand agace l'opposition

Annie Genevard au micro de Sud Radio

Richard Ferrand est en route pour le perchoir de l’Assemblée nationale. Face à deux femmes, il a été élu hier par les députés de la République en marche. Commentant son élection, Richard Ferrand a déclaré : «Vous me pardonnerez de ne pas être une dame ». Les réactions de l’opposition ne se sont pas faites attendre. Ce matin, Annie Genevard, Vice-présidente de l’Assemblée nationale et Secrétaire Générale des Républicains  commente cette phrase au micro de Patrick Roger sur Sud Radio .

Les députés de La République en marche réunis depuis hier et jusqu’à aujourd’hui, pour un séminaire de rentrée à Tours ont procédé à l’élection de leur candidat dès l’ouverture de celui-ci. Sans grande surprise, Richard Ferrand a été choisi par les militants LREM à 64,26% des voix pour les représenter à l’élection de la présidence de l’Assemblée nationale. Face à lui, deux femmes Barbara Pompéli et Cendra Motin étaient candidates. La première a récolté 29,21% des suffrages et la seconde, 5,15%. Que deux femmes se présentent est une première pour ce poste occupé depuis toujours par un homme.

Barbara Pompili a réagi à ce résultat. "Je regrette de ne pas avoir réussi à convaincre mes collègues de l'immense opportunité qu'on avait de lancer un très beau message vis-à-vis de l'extérieur. (...) Dans ce contexte, je trouve que j'ai fait un très beau score et j'en suis très fière"" 

Quant à Richard Ferrand, une fois élu, il a répondu aux questions des journalistes sur le choix d’un homme : « Je remercie mes collègues pour leur adhésion, le choix s’est porté sur moi, vous me pardonnerez de ne pas être une dame. » Très vite, sur Twitter, cette phrase a provoqué de nombreux commentaires. « Il va falloir faire un effort pour pardonner au monsieur la bêtise infatuée de ses propos », a tweeté l’ex ministre socialiste des Droits des femmes Laurence Rossignol. Sur le compte de Génération, le mouvement politique de Benoît Hamon « Le sexisme en politique est décidément un mal dominant » était posté.

Ce matin, dans le Grand Matin sur Sud Radio, Patrick Roger recevait Annie Genevard, Secrétaire Générale des Républicains, députée du Doubs et Vice-présidente de L’Assemblée nationale. Celle-ci a réagi aux propos de Richard Ferrand : « C’est une phrase ridicule qui montre bien qu’aborder la présidence de L’Assemblée nationale ne doit pas être envisagé sous l’angle « homme-femme ». C’est tout ce que Richard Ferrand a à dire. ».

N’est-ce pas une occasion perdue pour En Marche ! de promouvoir une femme insiste Patrick Roger. « C’est une occasion perdue de montrer et de démontrer que l’on est dans un nouveau monde ! Parce qu’au fond entre l’exfiltration de François de Rugy du perchoir pour le mettre au gouvernement (…) et l’élection de Richard Ferrand, qui est récompensé pour sa fidélité absolue, tout cela prouve que l’on est encore dans l’ancien monde !

Des déboires judiciaires ont obligé Richard Ferrand à quitter son poste de ministre de la cohésion des territoires en juin 2017 et l’ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne (1998 – 2012) est toujours sous le coup d’une information judiciaire pour « prise illégale d’intérêts », après une première enquête classée sans suite. Et il est aussi visé par une autre plainte déposée par Anticor le soupçonnant de favoritisme dans un montage immobilier, en Bretagne. Patrick Roger interroge son invitée sur ces soucis: « J’espère que pour l’Assemblée nationale, ça ne sera pas embarrassant. Sinon, cela porterait un nouveau coup à l’Assemblée nationale, ce que je ne souhaite pas ! » Les députés LREM disposant de la majorité absolue, Richard Ferrand devrait succéder à François de Rugy ce mercredi.

Vos réponses pour cet article

Vos réactions sur cet article

Michel Ange
- Mardi 11 septembre 2018 à 15:40
Virer de son poste de ministre pour une affaire qui pue, en instance d'être instruite par la justice, mais a contrario cet ancien socialiste grand chouchou du Roi peut devenir le 4 ème personnage de l'Etat, lié avec tous les privilèges, je vous laisse imaginer.
N'ayant pas fait l'Ecole Nationale des "Abrutis", je ne comprends plus rien. Nous sommes en pleine République bananière digne de certains pays où la corruption est la règle.
L'exécutif a mangé le législatif qui est devenue une chambre d'enregistrement aux ordres du prince de l'Elysée.

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio