Ukraine - Général Trinquand : "L'armée russe s'imaginait bien plus forte qu'elle ne l'est"

Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio. Il revient sur la situation en Ukraine plus d'un mois après le début de la guerre.

Ukraine
Le général Dominique Trinquand, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 1er avril, dans "le petit déjeuner politique".

Guerre en Ukraine, quelle stratégie, où en est l'Otan : le général Dominique Trinquand a répondu aux questions de Patrick Roger.

Ukraine : "L'armée russe s'est rendu compte qu'ils n'arriveraient jamais à prendre Kiev"

La Russie a promis de réduire son dispositif militaire en direction de Kiev. Les combats font en revanche toujours rage à l'Est, notamment du côté de Marioupol. Pour le général Dominique Trinquand, "ça signifie un changement de stratégie. La stratégie initiale annoncée par Vladimir Poutine était la démilitarisation et la dénazification. C'est-à-dire un changement de gouvernement. Il pensait que ça se passerait très vite mais ça n'a pas été le cas. En 4 semaines, changement de stratégie. Ils se sont rendu compte qu'ils n'arriveraient jamais à prendre Kiev".

"En revanche, ils ont obtenu des succès dans le Sud. Ce qui permet d'assurer la continuité entre la Crimée, annexée en 2014, et le Donbass qui a déclaré son indépendance avant l'opération. Il y a une bande de terrain avec Marioupol dedans, qui fait que la mer d'Azov devient une mer russe. L'axe du Sud qui a remporté des succès et donc on renfonce le succès. On envoie les renforts là-bas et on desserre l'étau ailleurs, explique le général. L'armée ukrainienne est meilleure qu'on ne le pensait, l'armée russe moins bonne qu'ils le pensaient. Il faut donc adapter le dispositif".

"L'armée russe s'imaginait bien plus forte qu'elle ne l'est"

Un couloir humanitaire se met en place dans Marioupol, ville stratégique. "L'évacuation de la population d'une ville comme Marioupol rentre dans la stratégie militaire, souligne le général Dominique Trinquand. Vous faites sortir les civils pour pouvoir écraser les défenseurs qui sont à l'intérieur. Pour le président Poutine, c'est important d'avoir Marioupol car il y aura enfin une ville ukrainienne qui tombe dans l'escarcelle russe. En 2014, il n'avait pas réussi à la prendre", rappelle-t-il.

D'après l'ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, "ça sert à pouvoir entrer en négociation. Les négociateurs annoncent des réunions dans plusieurs semaines. Ce seront des négociations sur le statut de l'Ukraine et sur les gains territoriaux. Une occupation de facto par l'armée russe avec la complicité d'un certain nombre d'Ukrainiens de cette région. Même si l'on dit que Vladimir Poutine est mal informé, tous ses conseillers tremblent devant lui, l'armée russe se rend compte de ses limites. Elle s'imaginait bien plus forte qu'elle ne l'est".

 

 

 

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