Sophie Cluzel : "Nous axons notre politique vers ceux qui ont le plus besoin"

Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger, jeudi 31 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Sophie Cluzel interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, jeudi 31 octobre à 7h40.

Une revalorisation de l'allocation adulte handicapé

Le 1er novembre, l'allocation adulte handicapé est revalorisée. Elle passera de 860 à 900 euros par mois. "Une très bonne nouvelle" pour la secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées. "Je pense que l'on pourrait se réjouir que dans un environnement financièrement contraint, l'engagement du Président de la République de porter l'allocation adulte handicapé à 900 euros soit tenu", rappelle Sophie Cluzel. Elle évalue cet investissement à "2 milliards sur le quinquennat, plus de 10 milliards chaque année pour 1,1 millions d'adultes handicapés, auxquels 90% d'entre eux percevront 900 euros par mois". Pour la secrétaire d'État, c'est "un engagement fort". Pour avoir accès à cette allocation, il faut être âgé de plus de 20 ans, avoir un empêchement au travail. Pour elle, "c'est la garantie d'un minimum de ressources pour ceux qui sont le plus entravés dans leur vie professionnelle, qui ont des limitations". Sophie Cluzel note qu'il s'agit de la seconde augmentation, "c'est 90 euros de plus en deux ans et demi, soit 11% d'augmentation". 

 

Si cette allocation concerne une majorité de personnes handicapées, 67.000 n'y auront pas accès. "On est dans le droit commun, mais un droit commun spécial", rappelle-t-elle. "On a tenu compte de la situation de handicap. Quand on est dans un foyer, il y a des abattements fiscaux deux fois supérieurs pour les personnes en situation de handicap", avance la secrétaire d'État qui insiste sur la "prise en compte des spécificités". "Nous axons notre politique vers ceux qui ont le plus besoin", lance Sophie Cluzel. Elle souligne que "pour ces personnes, nous augmentons le pouvoir d'achat par différents moyens", avant de lister ces aides : la complémentaire santé avec un panier de soins plus important et un reste à charge 0, des aides techniques revues, une prestation de compensation du handicap. "Nous avons d'autres moyens de pouvoir accompagner des personnes handicapées qui sont enfin exonérées fiscalement", ajoute-t-elle.

 

Des fauteuils roulants low-cost ?

Alors que certains craignent de nouvelles inégalités et une baisse de qualité dans le choix des fauteuils roulants, Sophie Cluzel se réjouit que l'on "s'attaque enfin à ce problème". "Vingt ans que les aides techniques, notamment sur les fauteuils roulants, n'avaient jamais été revues en termes de remboursement", s'exclame-t-elle. Elle fait le constat "d'un reste à charge colossale pour les personnes". "Je m'attaque aux vrais problèmes", avance-t-elle. "Je ne peux pas entendre que nous allons faire du low-cost, ce n'est pas vrai", rectifie la secrétaire d'État. Ce qu'elle cherche avant tout, "c'est augmenter le pouvoir d'achat des personnes". Alors cela passe par "la baisse du reste à charge, certes, mais surtout la baisse des prix". Elle note qu'il est "scandaleux, qu'un fauteuil roulant électrique coûte 30.000 euros, soit le prix d'une voiture". Sophie Cluzel s'engage à faire baisser les prix des constructeurs et travailler sur de l'économie circulaire. "Je veux faire baisser les prix pour que le reste à charge des personnes soient minimisé au maximum", conclut-elle.

Autre problème quotidien pour les personnes en situation de handicap, l'accessibilité. "La France est un vieux pays en retard pour l'accessibilité", note-t-elle avant de souligner un progrès. Elle se concentre sur le développement des parcours et se félicite notamment "des efforts faits pour toute l'accessibilité universelle", les personnes ayant des problèmes sensoriels, aveugles, sourdes, ayant un handicap mental. "On parle souvent du métro qui est inaccessible, mais il est complètement accessible pour les sourds, aveugles"; rectifie la secrétaire d'État. Si elle reconnaît que "notre vieux métro parisien n'est qu'à 3% accessible", elle note toutefois que "tous les bus sont accessibles". 

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