Le Sénat a adopté, ce mardi, en première lecture, la réforme ferroviaire, après l'avoir amendée pour donner plus de garanties aux syndicats, qui continuent leur mobilisation débutée en avril.

Le Sénat a adopté mardi en première lecture la très controversée réforme ferroviaire, à l'origine de la grève à la SNCF, après l'avoir modifiée pour donner des gages aux syndicats.

Le texte, qui fera l'objet lundi prochain d'une commission mixte paritaire (CMP) chargée de trouver un texte commun entre députés et sénateurs, a été voté par 240 voix pour et 85 contre, PS et CRCE (à majorité communiste).

"Le Sénat a mis la réforme sur de bons rails", a déclaré le rapporteur Gérard Cornu. "J'ai la certitude que le texte ne sera pas dénaturé par la CMP", a-t-il dit avant d'ajouter, citant l'ex-numéro un communiste Maurice Thorez: "'Il faut savoir arrêter une grève', ce texte en donne l'opportunité".

En revanche, pour Éliane Assassi (CRCE), "ce texte porte le risque de la création de nouveaux déserts ferroviaires en subordonnant le droit à la mobilité à la rentabilité financière pour les opérateurs". Selon elle, il transforme "la SNCF en une myriade de sociétés anonymes, casse le statut de cheminot et procède à l'ouverture à la concurrence".

"Ce n'est pas un nouveau pacte ferroviaire", a pour sa part reproché Olivier Jacquin (PS). "Et si le conflit se poursuit, c'est parce qu'il y a encore des inquiétudes", a-t-il estimé, ajoutant : "Nous ne vous donnerons pas un chèque en blanc pour une destination inconnue".

"La réforme arrive à son terme dans les prochains jours", a souligné la ministre des Transports Élisabeth Borne, appelant chacun à ses responsabilités. "Tout est maintenant posé: un projet de loi bientôt définitivement adopté, des engagements financiers sans précédent pris par le gouvernement, et un cap tracé pour les négociations de branche et d'entreprise", a-t-elle dit.

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