"Si McKinsey a fraudé, il faut que McKinsey soit sanctionné", affirme Christophe Castaner

Le cabinet McKinsey devra être sanctionné s’il s’est rendu coupable de fraude fiscale selon Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée Nationale. Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

castaner mckinsey presidentielle
Christophe Castaner, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 7 avril 2022, dans "le petit déjeuner politique". 

L'affaire McKinsey et l'ouverture de l'enquête du PNF, la présidentielle, les annonces d'Emmanuel Macron : Christophe Castaner a répondu aux questions de Patrick Roger.

Les attaques contre Macron sont "le seul programme" de Zemmour et Mélenchon

Emmanuel Macron a appelé au rassemblement dans la majorité, à quelques jours seulement du premier tour de la Présidentielle 2022. Pour certains, c’est le signe d’une inquiétude du Président sortant concernant sa réélection. Christophe Castaner juge, au contraire, que "c’est la poursuite de ce qu’il a proposé aux Français dès 2016". Il s’agit du "dépassement politique et du rassemblement" qui s’est matérialisé dans la nomination d’Édouard Philippe en tant que Premier ministre. Il avait alors choisi "un homme qui n’a pas fait campagne pour lui, et qui incarne déjà ce dépassement politique", estime le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale.

"Ce dépassement politique, il doit se poursuivre. Et nous devons encore élargir la majorité", explique le député des Alpes-de-Haute-Provence. Afin de prendre des décisions pour la France en se libérant du "corpus idéologique de tel ou tel parti politique".

Si Christophe Castaner admet que le rassemblement autour d’Emmanuel Macron concerne tous les partis, il juge "assez peu probable" d’y inclure Jean-Luc Mélenchon ou Éric Zemmour. "Compte-tenu de la violence des attaques qu’ils mènent systématiquement contre Emmanuel Macron. D’ailleurs, c’est leur seul programme", juge le député.

 

Retraites : "Dès le mois de juillet nous ferons en sorte que nous puissions les indexer à l’inflation"

Emmanuel Macron a fait quelques annonces de dernière minute, comme une indexation des retraites sur fond d’inflation élevée. Des chantiers qui semblent arriver tard, voire être purement liés à l’élection. "Nous avons fait beaucoup", précise néanmoins Christophe Castaner. "Un certain nombre d’engagements ont été tenus", rappelle-t-il. En prenant en exemple la suppression de la taxe d’habitation ou encore "une baisse de 52 milliards d’euros d’impôts dans notre pays sous ce quinquennat". De fait, "nous sommes crédibles à dire qu’on va baisser de 15 milliards d’euros supplémentaires".

Quant à l’indexation des retraites, le député des Alpes-de-Haute-Provence rappelle que l’économie avant et pendant la pandémie était "de faible inflation". Or, ce n’est plus le cas, l’inflation ayant atteint 4,5% sur un an en mars 2022 selon l’Insee. "Emmanuel Macron a confirmé que dès le mois de juillet, nous ferons en sorte que nous puissions indexer à l’inflation, qui est une inflation élevée."

 

Affaire McKinsey : "S’il y a des sanctions à prendre, nous les prendrons"

L’affaire McKinsey a pris une nouvelle tournure avec l’annonce de l’ouverture d’une enquête pour fraude fiscale par le Parquet National Financier. Christophe Castaner rappelle que l’État ou encore les collectivités peuvent "dans une mesure raisonnable, faire appel à des prestataires extérieurs". Pour autant, cela n’empêche pas qu’il y ait "l’organisation fiscale" de ces prestataires, qui doit respecter la loi.

"Si McKinsey a fraudé, il faut que McKinsey soit sanctionné", affirme le député. Une enquête a donc été ouverte par les services de Bercy, et une autre par le Parquet National Financier. "S’il y a des sanctions à prendre, nous les prendrons."

Christophe Castaner : il "peut arriver que l’État soit défaillant"

Plusieurs plaintes ont été déposées contre l’État, notamment dans le cadre de la mort d’Yvan Colonna en prison ou encore de l’assassinat terroriste de Samuel Paty. Le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale tient à préciser que "l’administration française est de très bon niveau et de très bonne qualité". Néanmoins, il concède qu’il "peut arriver que l’État soit défaillant".

"Ce qui est arrivé à Yvan Colonna à la prison d’Arles est anormal, il aurait du être protégé et il est assassiné dans la prison." Mais, souligne Christophe Castaner, "il faut faire attention à ne pas dire tout et n’importe quoi".

"L’administration fait beaucoup, et bien", explique-t-il, mais elle peut commettre des erreurs. "Nous devons les évaluer, les corriger, et s’il y a des fautes, les sanctionner."

 

Présidentielle : "Ce n’est pas parce que Marine Le Pen s’est drapée d’une cape de banalité, qu’elle a changé en profondeur"

Marine Le Pen semble de plus en plus en mesure de gagner l’élection présidentielle. Elle est quasiment assurée, selon les sondages, d’être une nouvelle fois au deuxième tour. Les observateurs jugent qu’il s’agit là du succès de sa stratégie de la dédiabolisation du Rassemblement national, issu du Front national. Pour Christophe Castaner, toutefois, elle n’a pas changé. "Ce n’est pas parce que Marine Le Pen s’est drapée d’une cape de banalité, qu’elle a changé en profondeur." Pour le député, "elle reste la représentante d’une extrême-droite en France".

Le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale attaque également son programme, estimant qu’elle propose "tout et n’importe quoi". Selon les spécialistes, déclare Chrsitophe Castaner, "son programme est insincère et pas chiffré".

"Elle promet une baisse des charges, une baisse de la TVA, une baisse d’impôts, plus de dépenses dans les services publics, aucun effort sur la retraite, et tout ça sans augmenter les impôts", détaille le député. "C’est faux, c’est un mensonge, c’est une fake news."

 

 

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger et Cécile de Ménibus.

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique"