Samia Ghali : "Eric Zemmour ne peut pas parler de sauvages, et être lui-même une racaille"

Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger, mercredi 2 octobre, sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Samia Ghali interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio mercredi 2 octobre à 7h40.

Colère des policiers : "ils s'en prennent plein la gueule"

Alors que les policiers comptent montrer leur colère au cours d'une manifestation attendue mercredi 2 octobre, Samia Ghali, a pu "constater combien ils étaient dans une détresse absolue". Ayant participé au Sénat à la commission d'enquête sur les conditions de travail de la police et de la gendarmerie, elle a pu se rendre compte que "la question des moyens et de la reconnaissance de leur hiérarchie est réelle". Le rapport rédigé par la commission est d'ailleurs "édifiant". "Il n'y a rien de pire quand vous devez faire votre boulot, et que vous êtes le réceptacle d'une colère qui n'était pas dirigée vers vous mais vers la politique en général. C'est eux qui sont devant les personnes énervées, qui ont des revendications, c'est eux qui s'en prennent plein la gueule" déplore la sénatrice. Pas question de se passer des policiers ! "On les appelle pour tout" : des problèmes de stationnement au meurtre. "Quand on les côtoie, on voit des gens humains, qui font du mieux qu'ils peuvent avec des moyens restreints", explique-t-elle, avant de rappeler que "souvent, ils mettent leur vie en danger".

Autre temps fort de l'actualité, les paroles d'Éric Zemmour lors de son discours à la Convention de la droite, samedi 28 septembre. "Je suis choquée de ses paroles, je ne sais pas s'il mesure qu'il blesse et qu'il fait du mal. On est là pour débattre, sur des plateaux télé ou radio, mais il ne faut pas blesser", s'indigne Samia Ghali, pour qui Éric Zemmour "a perdu cet équilibre". Elle a rappelé que le polémiste s'est "retrouvé avec un élu du Front national qui a dit de moi que j'étais 'le point G' de Marseille". Pour la sénatrice, Éric Zemmour "n'a pas sa place lorsqu'il déborde comme ça. Il ne peut pas, lui, parler de sauvage quand il parle des jeunes des quartiers, et être lui-même une racaille."

 

"Déménager les usines Seveso de Marseille"

Près d'une semaine après l'incendie de l'usine Seveso Lubrizol à Rouen, Samia Ghali a rappelé que Marseille comptait dans son agglomération deux usines estampillées Seveso. "Je pense que d'autres qui ne le sont pas doivent l'être, j'ai en tout cas demandé qu'elles le soient", précise-t-elle. Elle ajoute être favorable "à ce qu'on déménage les usines Seveso qui sont à l'intérieur de Marseille", préférant s'inquiéter de ceux qui pourraient "mourir derrière" que les emplois. "Quand vous avez plus de 5.000 produits chimiques en milieu urbain, peu importe que le feu soit parti de l'intérieur ou de l'extérieur ! Des produits comme ceux-là doivent être protégés comme une forteresse !", s'insurge Samia Ghali après les propos de la responsable de l'usine rouennaise, qui expliquait que le feu n'est pas parti de chez eux.

Samia Ghali s'est également prononcée pour un débat sur l'immigration. "La situation est dramatique, il est plus qu'indispensable" lance-t-elle. Elle constate que l'immigration a baissé dans tous les pays d'Europe, "sauf en France, où elle a augmenté de 20% !". "Délinquance, gangsters", la sénatrice refuse de "faire semblant de ne pas voir le problème. Les réfugiés, il faut les traiter, mais il y a une filière de migrants qui est une filière de voyous !", souligne-t-elle. Samia Ghali rappelle qu'elle est depuis toujours favorable aux quotas. "C'est la meilleure façon de mieux faire cette immigration, pour accueillir les réfugiés plutôt que de laisser des filières de migrants qui font se prostituer des femmes enceintes". Elle témoigne de la "violence extrême, parfois à coups de machette" qui règne entre eux. "On a du monde qui arrive dans un pays qui n'est pas en capacité d'accueillir tout le monde", conclut la sénatrice.

 

Samia Ghali : "probablement" candidate aux municipales à Marseille

Samia Ghali sera bien présente dans la "bataille des municipales à Marseille", même si elle refuse de déclarer officiellement sa candidature. L'actuelle sénatrice rappelle qu'elle n'est "pas forcément en recherche d'alliance", soulignant que d'après un dernier sondage, 9% des Marseillais auraient l'intention de voter pour elle, "pour mon nom, sans parti politique". Sur sa notoriété, Samia Ghali est rassurée. "80% des Marseillais savent qui je suis et plus de la moitié ont une bonne opinion de moi", note-t-elle.

Quel rôle jouera-t-elle dans cette "bataille" ? Lorsque Patrick Roger réitère sa question sur sa candidature, elle répond timidement : "probablement"...

 

https://www.youtube.com/watch?v=4ygouUb0WVs

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