Révélations Médiapart : quand Benalla se vantait du soutien de Macron

Alexandre Benalla
Antton Rouget, journaliste au service « enquêtes » de Médiapart, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Antton Rouget, journaliste au service « enquêtes » de Médiapart, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 1er février animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur les révélations de Médiapart jeudi 31 janvier dans l'Affaire Benalla.

"Le soutien d'Emmanuel Macron et de son entourage à Alexandre Benalla, pendant l'été et les semaines qui ont suivi les premières révélations, est manifeste"

Selon les échanges révélés par Médiapart jeudi 31 janvier, Alexandre Benalla s'est vanté d'avoir reçu le soutien d'Emmanuel Macron par SMS. Ce qui a été démenti par l'Élysée. Pour Antton Rouget, journaliste au service « enquêtes » de Médiapart, "L'Élysée dément clairement le SMS cité dans l'un des enregistrements par Alexandre Benalla, mais le soutien d'Emmanuel Macron et de son entourage à Alexandre Benalla, pendant l'été et les semaines qui ont suivi les premières révélations du Monde sur les violences du 1er mai, est manifeste. 

Je rappelle l'appel d'Emmanuel Macron à l'indulgence juste après la mise en examen d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase, ce qui est quelque chose d'assez stupéfiant, surtout quand on voit l'évolution de cette Affaire quelques mois plus tard".

"4 jours seulement après la mise en examen, ils ne trouvent rien d'autre de mieux à faire que de violer le contrôle judiciaire"

Qui a pu enregistrer ces échanges ? Y a-t-il de la mise en scène ? "Je n'ose croire qu'il s'agit d'une mise en scène, dans le sens où le contenu des enregistrements est accablant pour Alexandre Benalla et Vincent Crase. Nous sommes le 26 juillet à Paris, 4 jours seulement après la mise en examen des deux hommes, sur lesquels s'abat un orage médiatique assez impressionnant, et ils ne trouvent rien d'autre de mieux à faire que de violer le contrôle judiciaire, c'est-à-dire de se voir, d'échanger alors qu'ils n'en ont pas le droit, pour régler différents dossiers sensibles dont le fameux contrat russe".

"Non seulement Alexandre Benalla était informé de la signature du contrat, mais il a également participé à la signature et au montage financier"

Alexandre Benalla aurait rencontré cet oligarque russe proche de Poutine, Makhmudov, alors qu'il travaillait encore à l'Élysée. Il a juré le contraire sous serment devant les Sénateurs. "Nous maintenons cette rencontre et nous la documentons à travers des extraits sonores, des témoignages et plusieurs enregistrements. On apporte la preuve qu'Alexandre Benalla était informé de la signature d'un contrat de sécurité entre cet oligarque russe, soupçonné par plusieurs magistrats européens d'être lié à la mafia, très proche de Poutine et du Kremlin, et la société Mars de Vincent Crase, au mois de juin 2018, quand Alexandre Benalla était toujours à l'Élysée, quand Vincent Crase était responsable de la sécurité d'En Marche ! Non seulement Alexandre Benalla était informé de la signature du contrat, mais il a également participé à la signature et au montage financier.

"Alexandre Benalla et Vincent Crase décident de se voir pour régler le problème : 'Il faut couper la branche, il y a le feu'"

D'ailleurs, ce rendez-vous du 26 juillet dont nous révélons l'existence est organisé, parce que la veille, Vincent Crase a reçu un désagréable coup de fil de sa banque, la Société Générale, car la cellule risque a vu arriver sur le compte de sa société 294.000 euros en provenance d'une banque de Monaco, d'un compte de l'oligarque russe Makhmudov, s'interroge et demande le contrat. Le lendemain, Alexandre Benalla et Vincent Crase décident de se voir pour régler le problème. 'Il faut couper la branche, il y a le feu' disent-ils".

 

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