L'ancienne secrétaire d'Etat, candidate à l'élection présidentielle, regrette que la France ait fait le fait de "s'allier avec la Russie et l'Iran qui n'ont qu'un seul objectif, maintenir Bachar Al Assad, le boucher de Damas, sur son trône".
Invitée de l'émission Territoires d'Infos sur Sud Radio et Public Sénat, Rama Yade a évoqué la situation de la Syrie, alors que les forces du régime de Bachar Al Assad sont sur le point de reprendre la ville d'Alep à l'Etat Islamique."Ce qui se passe aujourd'hui à Alep est proprement inhumain. C'est maison après maison que les troupes de Bachar Al Assad commettent des atrocités sur les femmes, les enfants, les civils, et nous ne disons rien", a déploré l'ancienne secrétaire d'Etat, désormais candidate à l'élection présidentielle 2017.Selon elle, "nous avons joué au pompier pyromane avec cette région du monde depuis l'invasion de l'Irak et c'est ce que nous payons aujourd'hui. Le fait d'opposer l'Etat Islamique à Assad en disant qu'il vaut mieux, entre la peste et le choléra, choisir la peste, c'est le pire des renoncements, parce que Bachar Al Assad est un boucher. C'est le boucher de Damas qui a 300 000 morts sur la conscience.""Nous avons choisi et c'est là notre erreur, par impuissance, de nous allier à deux Etats qu'on qualifiait encore d'ennemis il y a deux ans, à savoir l'Iran et la Russie, a regretté Rama Yade. Ces deux Etats n'ont qu'un seul objectif, maintenir Assad sur son trône. Je trouve que c'est une faute. Il y avait une troisième voie qui était de soutenir les rebelles syriens, les démocrates, ceux qui sont à la fois une alternative à Assad et une alternative à l'Etat Islamique."Interrogé sur la tribune publiée lundi dans laquelle François Fillon semble revenir quelque peu sur ses propositions en matière de sécurité sociale, Rama Yade voit "une impréparation" du vainqueur de la primaire de la droite sur ce sujet.De son côté, elle propose de "supprimer les mutuelles et relever le remboursement de 70 à 90 %, c'est-à-dire une couverture quasi-totale en matière de remboursement des soins et des médicaments".Enfin, réagissant aux primaires de la gauche, Rama Yade a avoué avoir été "quelque peu choquée par l'empêchement du président de la République"."Ce n'était pas un simple renoncement individuel, c'était un empêchement, a-t-elle ajouté. Celui qui a porté la première estocade était Emmanuel Macron, le fils prodigue. Ça atteint même la fonction présidentielle, je ne trouve pas ça normal. Deuxième élément, cette primaire est devenue un bourbier dans lequel tout est calcul, jeu de billard à 15 bandes. On voit des candidats émerger à la dernière minute, dire le plus sérieusement du monde qu'ils ont décidé d'être candidat il y a 10 jours. Mais la présidentielle, c'est sérieux !"
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