Pierre-Yves Bournazel: "C'est l'échec en matière de logement à Paris"

L'actuelle mairie a fait entrer des logements dans le parc social, sans en créer aucun, selon le député de Paris et porte parole du groupe Les Constructifs, candidat à la mairie de Paris et auteur de "Revoir Paris" (Fayard). Invité du "petit déjeuner politique, Pierre-Yves Bournazel reproche à la mandature Hidalgo d'avoir fait le choix de la préemption plutôt que de l'aménagement. Il évoque aussi la politique des transports (voitures, parkings-relais, trottinettes), qu'il juge trop peu anticipée.

Politique du logement à l'échelle du grand Paris

Candidat à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel dénonce un échec, qui fait de Paris l'une des villes les plus chères du monde.

"Il n'y a jamais eu autant de demande de logement social, jamais autant de prix très élevés dans le privé. Moi je suis pour plus d'offre à l'échelle du grand Paris. Paris est une petite ville de 105 km carré, 87 si on enlève les deux bois. Donc je ne suis pas pour le maire bâtisseur, mais pour le maire aménageur, qui pense sa ville avec l'activité économique, le logement, les équipements sportifs et culturels, les espaces verts. Mais le choix qui a été fait a été celui de la préemption: sur cette mandature, on aura dépensé plus de 800 millions d'euros pour transformer des logements privés en logement social. Donc on ne crée aucun logement, on raréfie l'offre privé et on fait grimper les prix. Ce n'est pas une bonne politique. Moi, demain maire de Paris, je souhaiterais mettre en place un dispositif pour transformer des bureaux en logement."

Développer les alternatives à la voiture

Supprimmer le pérophérique, comme le prône un autre candidat aux municipales, Gaspard Gantzer? Il faut d'abord déveloper les alternatives, répond le député de Paris.

"Par exemple je propose qu'il y ait des parkings-relais aux grandes intersections autoroutières et routières de l'Ile-de-France, pour décongestionner l'agglomération de la voiture mais en proposant une autre solution, et pas imposer d'en haut l'abandon de la voiture. Il faut changer de méthode: c'est trop vertical. Il faut puiser dans l'intelligence collective."

Taxer les trottinettes? "La ville est toujours dans la réaction, pas l'anticipation"

La municipalité décide de taxer les trottinettes anarchiques. Mais les échecs de Vélib ont permis cette situation, accuse Pierre-Yves Bournazel. 

"Que s'est-il passé? C'est la désorganisation totale. Mme Hidalgo a détruit Autolib, qui fonctionnait bien, avec 120.000 abonnés sur le carreau. Elle a déconstruit Vélib, une réussite de son prédécesseur, avec de mauvais choix stratégiques: on a avec moitié moins d'abandonnés et il manque toujours des vélos, un an après le changement de marché. Comment les Parisiens peuvent s'y retrouver? Avec de nouvelles mobilités qui n'ont pas été organisées, on a des trottinettes partout ! Non, ça n'est pas possible de circuler comme on veut dans la ville ! Je suis pour qu'on régule, qu'il n'y ait pas plus de deux ou trois opérateurs. Mais rien n'a été anticipé, la ville est toujours en réaction."

Au-fait: qu'est-ce qui le distingue des autres candidats? "Ma singularité est que je suis élu de Paris depuis 11 ans. Je connais la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens."

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