Député (LR) du Pas de Calais, Pierre-Henri Dumont était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer entre autres le déplacement d’Emmanuel Macron en Corse, la situation des sans-abris, les législatives partielles et le pouvoir d’achat.

"La République est une et indivisible. La Corse est un territoire de la République française et il faut que le président de la République rappelle ce fait". Au micro de Sud Radio, Pierre-Henri Dumont se veut clair et ferme, à l’heure où Emmanuel Macron se rend sur l’île de Beauté pour un déplacement très attendu. Le jeune député (LR) du Pas-de-Calais (30 ans) attend notamment du chef de l’État qu’il ne lâche pas de terrain face aux nationalistes, tout en se montrant souple. "Une collectivité territoriale unique a été créée il y a quelques semaines, elle doit pouvoir avoir le temps de se déployer. Aujourd’hui, il y a encore de vrais sujets de gestion quotidienne en Corse (déchets, transports…) qui doivent être réglés. Avant toute réforme constitutionnelle, je pense qu’il est nécessaire de s’attaquer à la vie quotidienne des habitants. Il y a des ajustements à faire, bien sûr. La Corse, c’est une montagne qui plonge dans l’eau, donc il y a un enchevêtrement de la loi littorale et la loi montagne et il faut des spécificités locales. Mais ne pas toucher à la Constitution, c’est pour moi extrêmement important", assure-t-il.

"Il n’y a pas de prisonniers politiques mais des condamnés pour terrorisme"

Alors que le camp présidentiel n’a pas montré une extrême cohésion sur ce dossier ces derniers jours, Pierre-Henri Dumont met en garde le gouvernement. "La majorité joue avec le feu et ne sait pas réellement où elle veut aller. On a vu le vote de certains élus LREM, qui ont soutenu une motion des nationalistes et autonomistes en Corse et qui ont été désavoués ensuite par Christophe Castaner. Il faut mettre en garde le gouvernement et l’exécutif. Il n’y a pas de prisonniers politiques, mais des personnes condamnées pour terrorisme. On commémore l’assassinat du préfet Érignac aujourd’hui et c’est le but du déplacement d’Emmanuel Macron. Il faut absolument rester ferme et droit, et par exemple ne pas co-officialiser la langue corse dans le territoire", insiste-t-il.

Le natif de Grande-Synthe est également revenu sur la phrase du député (LREM) de Paris Sylvain Maillard, qui a maladroitement affirmé que "l'immense majorité" des SDF en France ne se rendaient pas "par choix" dans les centres d’accueil. "M. Maillard a fait une erreur manifeste de communication. Il y a certes des SDF qui refusent de venir dans des centres pour différentes raisons (refus des animaux de compagnie, peur de se faire dépouiller des rares effets personnels...), mais on ne peut pas laisser dire ça. C’est un manque de respect pour tous les travailleurs sociaux qui maraudent dans les rues et pour toutes ces personnes qui sont dans la rue. Tout cela fait surtout écho à une promesse de campagne formulée par plusieurs candidats à la présidence de la République aux travers des âges : zéro SDF dans les rues. C’est malheureusement intenable. C’est un échec concret d’une promesse présidentielle", souligne-t-il.

"Les législatives partielles ? On ne va pas bouder notre plaisir"

Quant aux deux élections législatives partielles remportées par Les Républicains dans le Val-d’Oise et le Territoire-de-Belfort, l’ancien maire de Marck y voit une nouvelle illustration du décalage entre la France perçue par la majorité et la réalité du terrain. "Une élection, c’est à la fin quelqu’un qui gagne et plusieurs personnes qui perdent. Le fait est que Les Républicains ont largement gagné ces deux scrutins. On ne va pas bouder notre plaisir. Il est évident une fois de plus qu’à côté de la réalité des bureaux parisiens d’Emmanuel Macron et de ce que peuvent nous dire les députés LREM à l’Assemblée nationale, il y a une réalité tout autre, celles de personnes qui ont perdu du pouvoir d’achat (hausse de la CSG, baisse des APL, contrats aidés non renouvelés…)", déclare-t-il.

Une hausse de la CSG que fustige par ailleurs le député, pour qui cette mesure peut avoir de fortes répercussions. "Quand vous avez une personne à qui on dit de participer à la solidarité nationale, c’est souvent la même personne qui doit aider ses parents parce qu’ils sont dans un Ehpad dans les conditions que l’on sait. (…) Cette personne qui a vu sa CSG augmenter doit donc aider ses parents et ses enfants qui se retrouvent dans des situations compliquées sur le front de l’emploi. Quand on ajoute solidarité intra-familiale et solidarité nationale, ça devient un peu compliqué...", remarque-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Pierre-Henri Dumont dans le Grand Matin Sud Radio

 

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