Pierre de Villiers : "La politique, ce n'est pas mon métier ni ma volonté"

Le général Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major des armées, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

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Alors que son nom est cité par certains groupes de Gilets Jaunes pour prendre des responsabilités politique, le Général Pierre de Villiers, invité politique du Grand Matin Sud Radio, a assuré qu'il n'avait pas d'ambition politique.

 

 

"Je suis un soldat et je resterai soldat, a expliqué l'ancien chef d'état-major des armées. La politique n’est pas mon métier, ce n’est pas ma volonté. J’ai beaucoup d’estime pour ceux qui font de la politique, parce que ce n’est pas simple aujourd’hui. J’ai été mis sur la scène publique avec ma démission, j’ai décidé d’assumer ce statut à travers deux livres que j’ai écrit, mais je ne ferai pas de politique. Il y a différentes façons de servir. Je transmettrai ce que j’ai appris. J’ai écrit deux livres en 19 mois. Ça intéresse manifestement les Françaises et les Français, je m’en réjouis."

Néanmoins, celui qui a démissionné avec fracas à l'été 2017 pour protester contre les coupes budgétaires dans le budget de la défense, livre la vision de ce que doit être un président de la République aujourd'hui, notamment dans son dernier ouvrage "Qu'est-ce qu'un chef ?" (éd. Fayard).

"Les militaires sont là pour faire la guerre, pas l'ordre public"

"J’insiste sur un point pour tout chef, tout dirigeant, c’est de ne pas perdre de vue le terrain, a expliqué le général Pierre de Villiers. Quand j’étais chef d’état-major, je faisais un ou deux déplacements par semaine. C’était essentiellement pour aller chercher la vérité. La vérité, ce n’est pas à Paris, c’est sur le terrain. Il faut aussi aller vérifier sur le terrain que ce qu’on croit qui avait été compris l’avait bien été. Plusieurs fois, on se trompe, on croit qu’on est entendu, compris, et on ne l’est pas toujours. Le terrain, c’est la règle pour un chef."

 

 

Et, pour lui, le président de la République doit répondre avec "fermeté" et "humanité" à la crise des Gilets Jaunes : "Nous avons assisté, depuis plusieurs samedis, à un niveau de violence inédit en France. La situation est effectivement préoccupante. Par rapport à ce que j’ai vu, il y a deux mots qui me semblent clés. Seule la fermeté paie par rapport à un tel niveau de violence. Je me mets à la place des commerçants qui ont été pillés par des individus qui ne respectent rien. Le deuxième mot, c’est l’humanité par rapport à cette crise sociétale à laquelle nous assistons, par rapport à tous ces Français qui n’ont pas les moyens de vivre dignement. L’humanité et la fermeté, ce sont deux mots-clés dans la situation que connaît la France aujourd’hui."

Fermeté, au point de demander l'intervention de l'armée ? "Ce serait un signal qui serait quand même inquiétant, a-t-il estimé. L’ordre public, c’est un métier. Les militaires sont là pour faire la guerre, pas l’ordre public. Chacun son métier. Aujourd’hui, on est dans le domaine de l’ordre public."