Nathalie Arthaud (LO) : "Notre société est en train de pourrir de l’intérieur"

Nathalie Arthaud, candidate LO à l’élection présidentielle, était l’invitée vendredi de Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat. Au lendemain de l’attaque sur les Champs-Élysées, elle est longuement revenue sur le gestion de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

Au lendemain, de l’attaque sur les Champs-Élysées qui a tué un policier et fait deux blessés, Nathalie Arthaud a appelé à ne pas tomber dans "des démagogies faciles" et à chercher "à comprendre ce qu’il se passe". "Cette politique qui consiste à créer des amalgames, à tout mélanger - les migrants, les musulmans, les terroristes - je me battrai contre cela. Et en même temps, je continuerai de dire que notre société est en train de pourrir de l’intérieur. On a, à la fois, ce chômage de masse, ces inégalités, [...] et en plus s’ajoutent à tout cela, ces menaces de guerre et de terrorisme"

Pour Nathalie Arthaud, la situation actuelle est d’abord le résultat d’une "politique impérialiste au Proche-Orient, en Afrique, qui a d’abord pillé ces régions là, qui a acculé les populations au dénuement le plus total". "Je crois que ces bandes terroristes qui font des émules, elles prospèrent sur un terreau. Ce terreau c’est toutes ces manœuvres, qui vont dans un sens, et dans l’autre, au Moyen-Orient en particulier, pour préserver des intérêts", a expliqué la candidate à l’élection présidentielle. Selon elle, l’exemple de la Libye - où "l’intervention française a contribué à semer le chaos et à renforcer toutes ces bandes jihadistes" - est flagrant: "Ces bandes sont financées par le Qatar et l’Arabie Saoudite qui continuent de rester des alliés de l’État français".

La prison "ne fonctionne absolument pas"

"Si la politique de lutte contre le terrorisme, ça reste de bombarder des régions entières, de rajouter du chaos au chaos, de mettre de l’huile sur le feu, on ne s’en sortira absolument pas", a poursuivi Nathalie Arthaud, "on nous explique que ces interventions sont faites pour préserver la paix, pour sauver la vie de ces populations, et c’est tout le contraire parce que ces bombes tombent sur des femmes et des hommes".

La candidate de Lutte Ouvrière a aussi pointé le rôle de la prison qui "ne fonctionne absolument pas". "Le grand banditisme, la délinquance, la radicalisation, ça se chevauche. Les prisons contribuent à ce que des petits délinquants, des petits bandits changent d’enseigne en quelque sorte", a déploré Nathalie Arthaud mettant en cause le surpeuplement des établissements pénitenciers et l’absence d’accompagnement des prisonniers. 

Alors que l’assaillant des Champs-Élysées a été abattu par les policiers, Nathalie Arthaud s’est également expliquée sur l’armement des policiers laissant entendre qu’elle n’était pas pour un désarmement complet des forces de l’ordre. Néanmoins, elle dénonce "la politique répressive et sécuritaire" menée dans les quartiers pour lutter contre la délinquance. "Il y a un véritable problème des violences policières. Quand on nous explique qu’il faut armer davantage la police, nous ne sommes pas d’accord", a indiqué la candidate. 

Jean-Luc Mélenchon, vrai candidat socialiste

Autre sujet abordé lors de son passage à Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat : les bons résultats de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle. "S’il y a moins de voix pour Marine Le Pen et Emmanuel Macron, et plus de voix pour Jean-Luc Mélenchon, ça va dans le bons sens", a commenté Nathalie Arthaud qui avertit sur le risque du vote FN. "Marine Le Pen va se ranger derrière la politique du patronat [...] et gouverner de façon très autoritaire"

Mais la candidate de Lutte Ouvrière met aussi en garde contre les promesses du candidat de la France Insoumise, qualifié de vrai candidat socialiste. "Tous ceux qui croient que Jean-Luc Mélenchon va nous protéger des licenciements, des fermetures d’usine, des bas salaires se trompent", a-t-elle averti, "les socialistes, une fois qu’ils arrivent au pouvoir, font mine de redécouvrir le mur de l’argent"

"On est confronté à une véritable guerre du monde capitaliste contre le monde du travail", a ajouté Nathalie Arthaud affirmant que même "pour avoir 1 % d’augmentation, il faut se battre". Pourtant, selon la candidate, il y a "énormément de travail et d’emplois à créer mais il faut prendre l’argent là où il est", notamment dans les 41 milliards d’euros du Pacte de responsabilité avec lesquelles "plus d’un million d’emplois utiles auraient pu être créés"

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