Nasrou : "Des élus jouent avec le feu, le gouvernement doit siffler la fin de la récré"

Othman Nasrou, président du groupe LR au Conseil régional d'Île-de-France

Président du groupe LR au Conseil régional d’Île-de-France, Othman Nasrou était l’invité politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio. L’occasion pour lui de parler notamment Grand Paris, fonction publique, communautarisme et Valérie Pécresse...

"Ce qui motive les gens, c’est de construire. Après, chacun choisit sa voie et moi je suis attaché à ce côté collectif, avoir une équipe et avancer ensemble pour monter des projets. Je l’ai fait dans le monde de l’entreprise, je continue de le faire en tant que président du groupe où j’ai 78 élus de droite de toutes sensibilités confondues". Au micro de Sud Radio, Othman Nasrou (30 ans) maîtrise déjà tous les codes de la communication politique et endosse aisément son costume d’élu local à la région Île-de-France, une région amenée à se transformer avec la mise en place du Grand Paris.

"La région et la métropole du Grand Paris doivent fusionner"

"Tout le monde était d’accord pour dire qu’il y avait trop d’échelons territoriaux en France, et le gouvernement de François Hollande a choisi de rajouter un échelon supplémentaire avec la métropole du Grand Paris. Il est évident qu’il faut faire aujourd’hui un effort de simplification. Cela ne sert à rien de faire une frontière du périphérique entre la petite et la grande couronne. Nous plaidons donc avec Valérie Pécresse et beaucoup d’autres pour que le périmètre de la métropole soit celui de la région. Il n’y a pas de frontières entre les aéroports et Paris, et on ne peut pas avoir une métropole où il n’y aurait pas le plateau de Saclay ou d’autres pôles de développement économique majeurs. Il faut donc que la région et la métropole fusionnent", assure-t-il.

En ce qui concerne le plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, que le gouvernement souhaiterait mettre en place prochainement, Othman Nasrou rappelle que la droite s’était aussi penchée sur le sujet il y a dix ans, tout en se réjouissant de cette annonce. "On l’avait fait entre 2007 et 2012, avec 150 000 départs dans la sphère publique. C’est inédit au niveau de l’État, mais nous faisons la même chose dans la région Île-de-France. Nous avons voté un plan de départs volontaires pour que ceux qui ont des projets privés peuvent partir. (…) Ce qui change, c’est que si la droite avait porté cette mesure-là, on nous aurait accusé de tous les maux. Ce serait perçu comme une volonté de dégraisser sauvagement les effectifs alors qu’on sait bien qu’il faut tirer les effectifs vers le bas. Je suis content que cette idée de réduire la fonction publique d’État soit aujourd’hui récupérée par le gouvernement. Quand ça va dans le bon sens il faut le dire", reconnaît-il.

"J’attends encore un discours public de Macron sur la laïcité"

Élu de Trappes (Yvelines), il déplore par ailleurs la montée du communautarisme dans certains quartiers de France. "Il existe des phénomènes de repli identitaire et de communautarisme dans certains quartiers. Une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ? Il y a un sujet très important, qui est l’un de mes combats, c’est le clientélisme d’élus locaux qui, parfois, jouent sur cette fracture-là. Ce n’est pas seulement avec des communautés, ça peut aussi être avec des associations, ça peut être en ayant une politique qui consiste à chasser les classes moyennes et tuer la mixité sociale pour garder un électorat captif… Forcément, vous créez ensuite des situations de ghettoïsation au sein de laquelle vous pensez être réélu à vie. En réalité, ça ne peut que conduire à une fracture entre certains quartiers et le reste du pays. (…) La laïcité ? J’attends encore un discours public du président de la République sur ce sujet-là. En attendant, il faut appliquer la loi et c’est le problème aujourd’hui. Il y a des élus locaux qui jouent avec le feu, et il faut que le gouvernement siffle la fin de la récréation", demande-t-il.

Enfin, l’élu francilien n’a pas échappé à une question sur les relations entre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, qu’on dit plutôt fraîches. "Ce n’est pas la guerre civile non plus, mais évidemment qu’il y a des différences. Il faut qu’on travaille ensemble et que chacun soit respecté dans sa sensibilité. Ce n’est pas toujours le cas aujourd’hui. (…) Valérie Pécresse défendra sa ligne politique jusqu’au bout. On est un certain nombre à vouloir que cette ligne-là pèse, elle représente la droite de gouvernement de demain. Charge à Laurent Wauquiez de faire le rassemblement d’ici-là", conclut-il.

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