Mohed Altrad : "Le maire sortant a échoué dans tous les domaines"

Mohed Altrad, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 6 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Mohed Altrad au micro de Patrick Roger.

Il est actuellement donné à 12% dans les sondages. Mohed Altrad a été interrogé au micro de Patrick Roger, en direct de la place de la Comédie, à Montpellier.

 

Un taux de chômage énorme

Il a quasi tout réussi depuis l’âge de dix ans. L’enfant perdu dans le désert syrien est devenu un grand chef d’entreprise, mais aussi écrivain, père de famille et président du club de rugby de Montpellier. Pourquoi se lancer dans des élections municipales, sinon juste pour prendre des coups ? "Moi, je suis arrivé le 11 novembre 1970, il y a un demi-siècle, détaille Mohed Altrad. J’ai tout fait ici, j’y ai appris la langue, fait mes études, un des premiers succès industriels de ce pays, sans oublier un club de rugby. J’ai écrit trois romans chez Actes sud. Ce pays m’a permis de faire tout cela, alors que mon propre pays ne l’a pas permis. J’ai envie de renvoyer l’ascenseur. Montpellier a une bonne image de l’extérieur, mais quand on y vit, il y a quand même des réalités tristes. 21,5% de taux de chômage, c’est énorme. La gestion d’une ville devrait faire en sorte que l’on se préoccupe de ceux que l’on accueille. Si vous attirez les gens sans solutions préalables, des jeunes non qualifiés, ce n’est pas une bonne chose".

Que propose-t-il dans son programme ? "Je ne suis pas politique, rappelle Mohed Altrad. La politique, c’est être au service de la cité. S’il s’agit de phraséologie et d’épater les gens, cela ne m’intéresse pas. J’ai fait 80 réunions publiques, et je connais les problèmes de Montpellier. J’ai fait un programme unique en France, de 300 propositions. Sans l’économie, pas de social, et réciproquement. Le challenge, c'est comment gommer le passif de ces dernières années".

Une alliance au second tour

"L’insécurité, l’incivilité ont augmenté, souligne le candidat sans étiquette à la mairie de Montpellier. Cela commence par l’humain, il faut remettre la population dans le bon sens. Être un enfant de l’immigration est-il un avantage dans cette campagne ? "Ma démarche est comprise par les Montpelliérains. Elle est considérée comme quelque chose de noble : voilà quelqu’un qui n’a rien à gagner, sauf à prendre des coups !" Que pense-t-il de l’écologie, au centre des préoccupations, au point d’avoir trois candidats différents se revendiquant écolo ? "Planter des arbres n’est pas un projet de société. Il faut régler tout le problème à la fois, avoir le courage de le faire, la compétence, l’habitude de la gestion de grands ensembles humains". Et au second tour, serait-il prêt à travailler avec eux ? "Je ferai alliance, je discute avec les gens de tous bords, excepté les deux extrêmes, contraires à mes valeurs".

Quelle image pense-t-il renvoyer, lui dont la permanence a été vandalisée récemment ? "C’est anecdotique. J’ai l’image de quelqu’un qui a réussi, qui est intègre, qui a envie de consacrer exclusivement six ans de sa vie à cette ville pour la remercier. Je suis né dans la pauvreté absolue, je suis de gauche. La vie fait que je suis riche, je suis devenu de droite… Je suis un être humain qui a envie de consacrer une partie de sa vie à cette population. Le maire sortant a échoué dans tous les domaines. Le chômage l’insécurité, et j’en passe…".

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