"Marine Le Pen est un peu seule en ce moment", estime Robert Ménard

Marine Le Pen et Éric Zemmour "ne s’aiment pas beaucoup" selon Robert Ménard, maire de Béziers. Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

Robert Ménard Marine Le Pen
Robert Ménard, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 10 février 2022, dans "le petit déjeuner politique". 

La Présidentielle qui approche en France, la guerre entre Marine Le Pen et Éric Zemmour qui continue, sans oublier le convoi de la liberté parti pour rejoindre Paris. Robert Ménard a répondu aux questions de Patrick Roger.

Convoi de la Liberté : "Je n’ai aucune sympathie pour les antivax"

Mercredi 9 février 2022, la version française du convoi de la liberté, mouvement contre les mesures sanitaires né au Canada, s’est élancé pour rejoindre Paris. Robert Ménard, maire de Béziers, n’est pas favorable à ce mouvement, en tout cas pour ce qui est de la mouvance antivax fortement représentée. "Je n’ai aucune sympathie pour les antivax." Cette mouvance, dans le cas de certains, "c’est du délire à l’état pur : un peu complotiste, un brin antisémite de temps en temps, enfin… ça c’est insupportable".

Toutefois, le maire de Béziers n’a pas une position absolue : il rappelle que dans cette mouvance protestataire, il y a aussi des gens qui manifestent à cause de leurs "difficultés, du fait que leur quotidien était tellement dur à vivre". Pour ces personnes, Robert Ménard a du respect, mais "le problème, c’est que c’est un mélange". Il ne manque pas de souligner non plus la présence de personnes soit avec "des visées moins gentilles", soit "qui rêvent de tout foutre en l’air".

Le rapprochement entre le convoi de la liberté et le mouvement des Gilets Jaunes est assez facile à faire. Or, le mouvement des Gilets Jaunes s’était terminé en véritable conflit social. Mais Robert Ménard ne "sait pas" s'il y a un risque réel d’embrasement social aujourd’hui. "On va voir". "Un certain nombre ont ma sympathie, comme je le suppose, ils l’ont de tous les Français quand c’est leurs difficultés. Les autres, honnêtement, j’ai juste pas envie."

 

Fin anticipée du Pass sanitaire : "C'est une bonne nouvelle"

Parmi les revendications des personnes participant au convoi de la liberté, il y a la fin du Pass vaccinal, fin qui pourrait être anticipée à fin mars-début avril 2022. "C’est une bonne nouvelle", juge le maire de Béziers qui rappelle néanmoins avoir été "pour le Pass sanitaire et le Pass vaccinal". Des mesures qui, selon lui, étaient "le seul moyen de sortir de cette crise".

Néanmoins, "je ne suis pas assez naïf pour ne pas me dire que fin mars, il y a une élection" et donc pour ne pas "faire le rapprochement" avec la Présidentielle. "Mais, en même temps, je continue à penser que si on n’avait pas fait le Pass sanitaire, il n’y aurait pas eu des millions de gens qui se seraient fait vacciner."

 

Robert Ménard : "Je voterai pour Marine Le Pen"

Les deux candidats d’extrême-droite, Marine Le Pen et Éric Zemmour, se font la guerre, selon Robert Ménard. Ce dernier réaffirme : "Je voterai pour Marine Le Pen". Une position qui pourrait néanmoins changer si Éric Zemmour devenait un candidat plus présidentiable que la présidente du Rassemblement National. "Quand les choses se cristallisent, si la candidature d’un des deux menace qu’un de nos deux champions arrive au deuxième tour, il faudrait évidemment qu’il se retire", estime le maire de Béziers. "Et moi, j’en tirerai les conséquences."

Robert Ménard se dit "pragmatique" et a un objectif : que l’extrême-droite soit représentée au deuxième tour. Il juge que la "guerre fratricide" que se mènent Zemmour et Le Pen pourrait tout simplement conduire à ce que Valérie Pécresse "se retrouve au deuxième tour". "Je n’ai pas envie de ça."

 

Certaines personnes "quittent le navire quand le navire tangue" et ce n'est "pas glorieux"

Les deux candidats d’extrême-droite "ne s’aiment pas beaucoup", explique le maire de Béziers. "Éric a un vrai mépris pour Marine Le Pen. Et Marine Le Pen pense qu’Éric peut la priver d’être au deuxième tour."

Mais selon Robert Ménard, "Marine Le Pen est un peu seule en ce moment" après de nombreuses défections dans son camp et une incertitude concernant certains soutiens, dont sa nièce, Marion Maréchal, mais aussi Stéphane Ravier ou encore Nicolas Bay. "Je trouve que des gens qui ont été élus grâce à elle, qui ont été élus sur des listes, pas sur leur nom..." qui quittent le parti, "ce n’est pas très bien". Or, si Robert Ménard ne juge pas Marine Le Pen "isolée" pour autant, il souligne que certaines personnes "quittent le navire quand le navire tangue". "C’est pas le plus glorieux." Et il existe, selon lui, un véritable risque que le navire chavire, notamment si Marion Maréchal soutenait officiellement Éric Zemmour, "en termes d’image, c’est une mauvaise nouvelle".

 

 

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger et Cécile de Ménibus.

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